Garbani Valérie · Nationalrat · 2004-03-10
Garbani Valérie · Nationalrat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2004-03-10
Wortprotokoll
J'interviens pour soutenir la minorité de la commission. La majorité de la commission estime que les cantons, on l'a dit, compétents en matière de tactique policière, ont toujours respecté et respecteront toujours, et systématiquement à l'avenir, le principe de la proportionnalité, et qu'ils utiliseront les substances chimiques irritantes dans le cadre de manifestations avec la plus grande prudence.
Les faits, si l'on procède à leur analyse jusqu'à aujourd'hui, démontrent le contraire. Madame Leutenegger Oberholzer a évoqué la répression de la manifestation paysanne, mais les faits vont également dans le sens contraire dans le cadre du WEF en janvier 2003.
Des balles en caoutchouc, des gaz lacrymogènes et des canons à eau ont été utilisés contre les manifestants alors que - et c'est en cela que le principe de la proportionnalité n'est pas respecté - ceux-ci ne pouvaient fuir, qu'il leur était impossible de se disperser. Les manifestants ont été poussés par les forces de police dans une impasse, précisément grâce à ces substances chimiques, et ils se sont retrouvés coincés dans la gare de Landquart. Ensuite, lorsque les trains ont été mis à disposition, les manifestants s'y sont précipités. Les forces de l'ordre ont à nouveau utilisé des balles en caoutchouc, des jets d'eau et des gaz lacrymogènes et ont visé le train. Des personnes qui se trouvaient à l'intérieur ont été blessées.
Contrairement à l'avis du Conseil fédéral et de la majorité de la commission, ainsi que celui du groupe radical-libéral, je ne suis absolument pas convaincue que l'emploi de substances chimiques permette d'éviter une escalade de la violence et des confrontations directes entre les forces de l'ordre et les manifestants. Au contraire! A mon avis, ces moyens ont pour principal effet d'engendrer une escalade de la violence en provoquant la foule des manifestants pacifiques.
L'emploi de substances chimiques par les forces de police a pour corollaire pervers que les manifestants pacifiques sont contraints de porter des lunettes protectrices, voire des masques à gaz. Ce qui signifie que l'emploi de gaz, contré par l'utilisation de masques à gaz, contraint les forces de l'ordre à utiliser d'autres moyens plus radicaux pour reprendre le contrôle de la foule, notamment à utiliser des balles en caoutchouc et des matraques, soit des instruments qui sont des instruments de confrontation.
Avec ces instruments de confrontation, ils incitent les manifestants à riposter physiquement, et on en arrive précisément à une escalade de la violence et à une confrontation directe. Pour éviter cela, les forces de l'ordre devraient interdire l'emploi de masques à gaz et donc contraindre la foule de manifestants pacifiques - et non seulement les agitateurs violents - à subir les effets irritants de ces substances chimiques.
La proposition de la minorité Leutenegger Oberholzer est donc parfaitement ciblée et permettra d'éviter à l'avenir de nouvelles escalades de la violence, tant du côté des manifestants que de celui des forces de l'ordre. Je vous invite à la soutenir.
Une autre raison pour la soutenir est que nous pourrons avoir un débat de fond sur la gestion de ces manifestations d'envergure par les autorités politiques lors de l'examen du projet de réglementation qui devra nous être soumis par le Conseil fédéral.