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Levrat Christian · Nationalrat · 2005-03-08

Levrat Christian · Nationalrat · Freiburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2005-03-08

Wortprotokoll

La politique des transports a ceci de passionnant qu'elle se situe à la croisée des questions techniques, régionales, financières et politiques. Le raccordement de la Suisse au réseau européen à haute performance n'échappe pas à cette règle. Il pose des questions de stratégie des transports, puisqu'il s'agit de savoir comment nous allons intégrer notre pays dans l'Europe des trains à haute performance; de financement, puisqu'il s'agit d'affecter environ 3 pour cent du fonds pour les grands projets ferroviaires à cette fin; de politique régionale, puisque ces LGV représentent la part du fonds FTP attribuée à la Suisse romande et orientale.

Mais il ne s'agit pas uniquement de ces questions. Il s'agit de savoir si nous entendons respecter la volonté populaire exprimée clairement en 1998. Il s'agit de renforcer la confiance de la population des régions concernées dans les promesses de la Berne fédérale; notamment, c'est le fait alors d'accorder 1,3 milliard de francs aux LGV. Il s'agit, de manière plus importante encore, de maintenir à l'avenir les majorités trouvées par le passé pour notre politique ferroviaire, des majorités qui reposent sur une cohérence en matière de transports et des équilibres régionaux savamment exprimés.

Parmi les multiples variantes évoquées dans ce conseil et au Conseil des Etats, trois font preuve d'une certaine cohérence et respectent l'équilibre voulu entre la Suisse romande et la Suisse orientale. Il s'agit d'abord du projet du Conseil fédéral, qui prévoit 665 millions de francs, du projet de la Conférence des directeurs cantonaux des transports publics, avec 990 millions de francs, et du projet du Conseil national en première lecture, avec 1,3 milliard de francs répartis également.

La version du Conseil des Etats, il faut l'admettre, rompt un peu cet équilibre régional en ajoutant, à la variante des cantons, la ligne Zurich-Winterthour, et en reportant aux calendes grecques les projets devisés à 110 millions de francs à Genève et à Lausanne. Le fait que seuls les projets genevois et vaudois restent sur la touche dans cette variante est évidemment regrettable. Réaliser en effet l'ensemble des LGV, à l'exception de la deuxième phase des noeuds ferroviaires de Lausanne et de Genève, risque d'affaiblir l'appui de nos concitoyens à la politique des transports. Ce risque est d'autant plus important que des reproches très vifs sont adressés en Suisse romande aux CFF, accusés de favoriser, dans leur politique immobilière en particulier, les grandes agglomérations alémaniques.

Malgré tout, j'invite notre conseil, au nom du groupe socialiste, à se rallier au projet du Conseil des Etats et à accorder en première phase les crédits nécessaires au projet soutenu par l'alliance dite "des 18 cantons" ainsi qu'à l'amélioration de la ligne Zurich-Winterthour, ce pour trois raisons.

1. Nous devons éliminer la divergence actuelle avec le Conseil des Etats, de manière à pouvoir commencer au plus vite les projets prévus: en France, notamment, la construction de l'axe TGV Rhin-Rhône.

2. Nous devons reconnaître la nécessité de procéder aux investissements prévus dans la région zurichoise, que ce soit dans le contexte de "Rail 2000" ou dans celui des LGV.

3. Je ne vous cacherai pas que nous avons l'espoir que l'on se souvienne des sacrifices romands dans cette affaire et que notre approche raisonnable soit prise en considération dans les décisions qui nous attendent dans les mois et les années à venir, en particulier s'agissant du feu vert fédéral à la ligne CEVA, Cornavin-Eaux-Vives-Annemasse, un projet qui devrait désenclaver l'agglomération genevoise et qui est d'une importance décisive pour toute la région.

Partant, je vous invite à vous rallier à la décision du Conseil des Etats et à rejeter les propositions de minorité, qui mettraient en danger la crédibilité de notre institution auprès de la population.