Lexipedia

Rime Jean-François · Nationalrat · 2005-03-09

Rime Jean-François · Nationalrat · Freiburg · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2005-03-09

Wortprotokoll

Comme les vingt premiers orateurs, j'ai pris connaissance avec beaucoup d'intérêt du rapport sur la politique économique extérieure 2004. Il s'agit d'une analyse historique très fouillée qui dépasse les simples problèmes de l'économie, puisqu'on y aborde aussi la gestion durable, la lutte contre la pauvreté, sans doute pour satisfaire les différentes sensibilités politiques représentées dans ce Parlement.

Les remarques que je vais faire sont celles d'un industriel qui n'a pas participé aux débats de la Commission de politique extérieure, puisque je suis membre de la Commission de l'économie et des redevances.

Concernant la partie la plus importante, celle des orientations stratégiques, j'aurais souhaité que des priorités avec des délais ressortent plus clairement. Si nous voulons contrôler l'efficacité de ces mesures, nous devons absolument disposer de points de repère. Une remarque peut-être un peu anecdotique sur la première dimension, puisqu'elle concerne principalement la Suisse romande: dans le domaine des accords internationaux, j'ai quelques incertitudes lorsque je lis dans la presse qu'un certain nombre de communes en Suisse romande, comme je l'ai déjà dit, se déclarent unilatéralement hors accord général sur le commerce et les services. Pour votre information, il ne s'agit pas que de quelques petites communes vaudoises: ce groupe comprend Genève, Renens, Delémont, Morges, et on en parle également à Lausanne, Yverdon-les-Bains et Bienne. Ce mouvement, dirigé par le groupe Attac, démontre clairement qu'il y a une marge entre la théorie et la pratique. Toutes les communes que je viens de citer sont dirigées par des majorités roses-vertes, dont les représentants prônent tous, pourtant, dans ce Parlement l'ouverture au monde et l'adhésion à l'Union européenne.

Dans le temps de parole qui me reste, j'aimerais faire quelques remarques sur la deuxième dimension, la politique du marché intérieur suisse. En ce qui concerne la loi fédérale sur le marché intérieur, nous savons tous que ses effets sur la croissance seront limités. Elle présente, de plus, à mon avis, de grands dangers: certaines mesures ponctuelles feront tout simplement disparaître un certain nombre d'activités de notre pays. Que ferons-nous des employés qui auront perdu leurs places? Un employé de ma scierie n'est pas forcément apte à travailler dans les services, à l'UBS ou dans l'industrie pharmaceutique.

D'autre part, j'ai peur que, sous des prétextes divers, on refuse d'aborder certains sujets sensibles. Je pense, par exemple, à certains abus dans le domaine des conventions collectives - que je ne remets pas en cause, rassurez-vous; mais lorsque je vois l'introduction de clauses avec force obligatoire dans certains cantons, il ne s'agit de rien d'autre que de protectionnisme. Dans le domaine de la santé, on affirme que le prix des médicaments est plus élevé en fonction du pouvoir d'achat en Suisse; mais, en même temps, on demande aux paysans de produire aux prix mondiaux avec des réglementations beaucoup plus tatillonnes.

Pour terminer, j'aimerais affirmer, comme entrepreneur, que l'économie attend surtout de l'Etat et des politiciens qu'ils évitent tout excès législatif. Les mesures en faveur de l'économie sont en effet limitées, en raison des finances de la Confédération, des accords internationaux que nous avons signés et que nous respecterons - contrairement à d'autres -, également de la diversité du tissu industriel de notre pays, qui fait que certaines mesures favorables à une branche sont négatives pour d'autres.

En résumé, je remercie le Conseil fédéral pour cet excellent travail historique, mais je souhaiterais quand même qu'à l'avenir, le dossier soit un peu plus restreint, plus réduit, et qu'on y retrouve des objectifs clairs et surtout définis dans le temps.