Lexipedia

Calmy-Rey Micheline · Bundesrat · 2005-03-16

Calmy-Rey Micheline · Bundesrat · Genf · 2005-03-16

Wortprotokoll

Le Conseil fédéral est préoccupé par la situation dans la région des Grands Lacs en raison de ses graves conséquences humanitaires, politiques, économiques, mais aussi sociales et environnementales. Les Etats, pris individuellement, ne peuvent pas, à eux seuls, résoudre les problèmes qui se posent et notamment celui de la sécurité, qui est primordial pour la stabilité et le développement. Une approche régionale d'intervention de la Suisse, à long terme, et coordonnée avec les autres partenaires multilatéraux et bilatéraux est la seule manière efficace de promouvoir la paix et la stabilité dans la région des Grands Lacs.

Il ne s'agit en politique étrangère ni de se mêler de tout, ni de faire tout et n'importe quoi. La politique étrangère est une politique d'intérêts, cela n'est pas un jardin d'enfants où les uns et les autres s'arrachent les jouets qu'ils veulent garder pour eux. Et, par conséquent, nous ne sommes pas là dans quelque chose d'arbitraire ou de subjectif.

La Suisse soutient la région des Grands Lacs. La Direction du développement et de la coopération (DDC) mène depuis 1998 un programme spécial de coopération au Rwanda, avec un budget de 5 millions de francs par an, et l'aide humanitaire de la DDC travaille régionalement depuis dix ans dans la zone des Grands Lacs, avec un budget annuel de 15 millions de francs. La Direction politique du DFAE appuie depuis plusieurs années les processus de paix au Burundi et en République démocratique du Congo. Le Conseil fédéral considère que l'aide au développement en faveur de la région est un des instruments les plus importants à même de stabiliser de manière effective et durable l'environnement social et de consolider les processus de paix. Le programme de coopération de la DDC, aujourd'hui concentré sur le Rwanda, sera dès 2005 étendu progressivement au Burundi, puis à l'est de la République démocratique du Congo, en fonction de l'évolution des conditions de sécurité et des potentialités de développement.

Le texte de la motion nous demande aussi, et notamment, de renforcer les mesures pour empêcher l'exploitation illégale des ressources naturelles en République démocratique du Congo. Le Conseil fédéral est préoccupé par la question de l'exploitation illégale des ressources naturelles en République démocratique du Congo, parce que cela prive les collectivités locales des ressources nécessaires à leur développement, mais surtout parce que cette exploitation illégale est l'une des principales sources de financement des activités militaires des groupes qui perpétuent le conflit à l'Est du Congo. Nous sommes en train d'examiner de façon particulièrement approfondie les conclusions d'un rapport final de groupes d'experts mis en place par le Conseil de sécurité des Nations Unies pour enquêter sur cette question. Cela nous permettra de faire le point sur les mesures déjà prises ou à prendre par la Suisse par rapport à des personnes morales ou physiques qui pourraient être impliquées dans cette exploitation illégale des ressources.

Enfin, la motion nous demande de soutenir sur le plan diplomatique les initiatives de paix dans la région. La Suisse a joué un rôle apprécié de facilitateur dans les différents processus de paix engagés dans la région - accord d'Arusha pour le Burundi, dialogue intercongolais en République démocratique du Congo - et continue d'appuyer ces deux pays dans la période de transition actuelle devant déboucher en 2005 sur la tenue d'élections démocratiques.

La Suisse participe, en tant que pays membre du groupe des amis des Grand Lacs, à la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, dont le premier Sommet des chefs d'Etat de la région s'est tenu le 19 novembre 2004 à Dar-es-Salaam. La Suisse soutient financièrement la conférence. Elle entend poursuivre cet appui. Au vu des nombreuses activités de la Suisse dans la région des Grands Lacs et des prévisions de renforcement de l'engagement suisse, le Conseil fédéral considère qu'il n'y a pas lieu pour le moment d'entreprendre d'autres actions.