preparatory:AB 52713
Rey Jean-Noël · Nationalrat · Wallis · Sozialdemokratische Fraktion · 2005-03-17
Wortprotokoll
Je vous invite aussi à rejeter la motion de la commission - celle-ci l'a adoptée à une très courte majorité: à une voix d'écart -, qui relève de l'aveuglement politique et de l'aventure économique.
Je suis étonné de voir qu'un parti qui se veut proche de l'économie s'engage dans une telle aventure. Je salue la prise de position responsable et courageuse du représentant du groupe démocrate-chrétien.
En début de législature, le Parlement a pris acte de la stratégie d'assainissement des finances fédérales présentée par le Conseil fédéral. Cette stratégie prévoit une réduction des dépenses de l'ordre de 5 milliards de francs, soit 10 pour cent du budget, d'ici 2007. Elle prévoit également une réduction des dépenses de fonctionnement de l'ordre de 200 millions de francs.
Je ne voudrais pas rappeler ici les réserves du groupe socialiste à l'égard de cette politique du Conseil fédéral, mais dire quand même que la détérioration de la conjoncture annoncée par le SECO aura des effets automatiques et immédiats sur le budget 2006, obligeant le Conseil fédéral à économiser 300 millions de francs de plus que prévu.
Les représentants du groupe radical-libéral et leurs cousins du groupe UDC voudraient encore aller plus loin. Sans [PAGE 410] entrer dans les détails, aller plus vite et plus loin signifie mettre sur pied un nouveau programme d'économies de 1,3 milliard de francs. Il n'y a aucune raison pragmatique de vouloir accélérer le rythme de l'assainissement, sinon de l'opportunisme politique. Si nous changeons les objectifs fixés, nous remettons en cause un certain nombre de tâches publiques.
Il faudra alors aller expliquer aux cantons, auxquels, grâce à la redistribution de l'or, on aura donné de l'argent pour réduire les dettes, que, grâce au groupe radical-libéral et au groupe UDC, ils devront tailler dans les dépenses d'investissement, et par conséquent réduire leurs investissements pour les autoroutes, pour les infrastructures, et j'en passe. C'est principalement dans le secteur des transferts de charges que les coupes auront lieu, donc ce sont les cantons qui seront concernés.
D'autre part, il faudra remettre en cause un certain nombre de dépenses, par exemple les subventions pour diminuer les coûts des primes des caisses-maladie. Il faudra aussi aller expliquer aux personnes concernées par ces coupes qu'on l'a fait parce qu'on voulait à tout prix avoir un compte équilibré en 2006.
Pour qu'une politique financière ait du succès, il faut non seulement qu'elle soit acceptée dans sa globalité par le peuple, mais il faut aussi que les mesures concrètes soient comprises par la population. Avec la proposition et la motion de la commission, on arriverait à des absurdités qui ne seraient sans doute pas comprises par la population. A une période où la Suisse a des difficultés, où la reprise économique s'essouffle un peu, est-ce véritablement le moment de réduire les dépenses publiques? Déjà avec le programme d'allègement budgétaire 2004, les calculs ont été faits: nous aurons une diminution de la croissance. Est-ce que vous, qui sans arrêt parlez de la croissance, pensez qu'avec votre proposition vous allez faire augmenter la croissance de ce pays? Au contraire, vous allez déstabiliser la relance économique, et pour un parti qui se veut le soutien de l'économie, cela est curieux. Vous savez que l'économie n'aime pas quand les objectifs changent sans arrêt; l'économie aime quand on choisit des objectifs et qu'on les respecte. Or là, vous êtes en train de changer les règles du jeu.
C'est pourquoi nous ne pouvons pas accepter cette motion qui, d'une part, politiquement ne se justifie pas et, d'autre part, économiquement est une absurdité, car vous allez, en réduisant les dépenses de l'Etat, encore enfoncer un peu plus l'économie de notre pays. Il n'y a aucune raison objective d'adopter la motion qui a été acceptée par la majorité radicale-UDC de la commission.
Je vous invite donc à la rejeter.