Vanek Pierre · Nationalrat · 2005-03-18
Vanek Pierre · Nationalrat · Genf · Fraktionslos · 2005-03-18
Wortprotokoll
Le 1er mars 2005, je suis venu vous dire au nom d'"A gauche toute!" notre opposition déterminée à la modification de la loi fédérale sur les droits de timbre. Ce Parlement, vous le savez, travaille à un nouveau paquet d'allègement budgétaire - de 2 milliards de francs d'économies de plus par an - et d'abandon de tâches publiques, de réductions de prestations sociales, de suppressions d'emplois, de coupes dans le financement des transports publics, dans ceux de la formation et de l'assurance-chômage, etc.
C'est carême pour les salariés, les rentiers AVS, les chômeurs, l'écrasante majorité des habitantes et habitants de [PAGE 473] ce pays. Par contre, vous le savez, c'est Noël pour les riches et les actionnaires. Les profits des banques explosent, et Marcel Ospel de l'UBS - pour ne citer que lui - affiche un revenu annuel de plus de 20 millions de francs. Mais ça ne suffit pas à la droite patronale qui domine ce pays! Vous venez de faire un nouveau cadeau de 310 millions de francs aux banques, aux spéculateurs et aux riches, en supprimant sans compensation de larges pans des droits de timbre sur les transactions boursières.
Pour vendre cette mesure, vous avez invoqué le maintien de la compétitivité du secteur bancaire et la défense de l'emploi. Si votre argument relatif à l'emploi avait un seul grain de vérité, on aurait dû constater depuis l'an 2000 une augmentation du nombre d'emplois dans les banques. Mais ce sont 12 000 places de travail qui ont été supprimées dans celles-ci entre 2000 et 2003, pour accroître - justement! - leur compétitivité et leur capacité à dégager de gros profits.
Votre cadeau aux riches, en outre, est la reprise telle quelle de l'un des volets du paquet fiscal fédéral, massivement refusé par le peuple le 16 mai 2004: un volet contesté dans le cadre du référendum populaire; un volet au sujet duquel, au lendemain de la votation, le Parti socialiste lui-même indiquait qu'il ne donnerait pas de "chèque en blanc" pour qu'il soit repris sans autre. On nous ressert ainsi en tranches un plat que le peuple a déjà refusé. On maintient le cap consistant à donner aux riches pour voler les pauvres, à pratiquer une redistribution à l'envers, du bas vers le haut.
Dans cette situation, les trois parlementaires d'"A gauche toute!" pensent qu'un nouveau référendum populaire est nécessaire, voire indispensable, contre la modification de la loi sur les droits de timbre - un référendum pour dire non aux cadeaux aux riches. (Brouhaha) Oui, je sais que vous n'êtes pas contents, mais c'est comme ça!
Nous appelons nos organisations membres de la coalition "A gauche toute!" à lancer ce référendum; nous appelons toutes les forces politiques syndicales et associatives, opposées à la politique d'austérité et des caisses vides aux dépens des plus démunis, et attachés au respect de la volonté populaire, à se rallier à ce référendum! (Brouhaha)