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Marty Dick · Ständerat · 2005-03-09

Marty Dick · Ständerat · Tessin · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2005-03-09

Wortprotokoll

Avec le temps de parole, c'est comme avec le programme d'allègement budgétaire 2004: ceux qui sont servis avant sont rassasiés, les autres restent sur leur faim!

Permettez-moi tout d'abord d'exprimer ma sympathie à Monsieur le conseiller fédéral Merz. Il y a deux raisons à cela: d'une part, cela fait pratiquement cinq heures qu'il nous écoute - ce n'est pas si facile que cela; d'autre part, il doit faire face à des problèmes financiers qui sont réels. J'admets qu'un déficit de 130 milliards de francs n'est pas acceptable. J'affirme néanmoins que ce n'est pas une catastrophe de dimension inouïe. Il suffit de regarder ce qu'il en est dans d'autres pays, non pas pour avoir la conscience tout à fait propre, mais pour relativiser quand même un peu les choses.

Je suis d'accord qu'il est nécessaire d'intervenir, mais, Monsieur le conseiller fédéral, permettez-moi quand même d'exprimer des sentiments qui balancent entre le désarroi et la résignation. Dans quelques jours, cela fera trente ans que je serai entré dans la vie publique, en ayant eu la chance d'exercer des fonctions au sein des trois pouvoirs de la République. Le fil rouge de ces trente ans a été des programmes d'allègement: je les ai subis; je les ai proposés; je les ai votés; je les ai discutés. Aujourd'hui, franchement, je ne sais vraiment plus quoi faire et je dois vous avouer que je ne sais toujours pas si je dois voter ce programme.

Il est nécessaire de résoudre les problèmes financiers, mais on nous présente encore une fois un programme d'allègement, avec le fameux principe de la symétrie des sacrifices, qui est la négation de la politique! Une fois encore, nous sommes en train de faire un exercice, alors que nous présentons des symptômes de schizophrénie évidents. Es ist nicht so einfach, das runterzuschlucken, lieber Kollege. Nous venons de voter les crédits pour les raccordements au réseau européen des lignes à grande vitesse: mais ce n'est qu'un exemple! il y a toute une série de milliards que nous avons votés comme ça. Au fond, nous pensons ou, en tout cas, nous agissons selon le principe que l'intérêt général est la somme des intérêts particuliers, ce qui est totalement faux, évidemment! Nous le savons, mais nous continuons à agir selon ce principe.

La schizophrénie est évidente encore d'un autre point de vue. Alors que nous examinons ce programme d'allègement, nous lisons tous les jours dans les journaux que l'UBS, le Credit Suisse, Novartis, Roche, Nestlé et toute une série de sociétés, font des bénéfices qui se chiffrent en milliards, alors qu'elles ont transféré bien des problèmes à l'Etat. Pensons seulement à la réduction massive du personnel qui grève les comptes de l'assurance-chômage et de l'assurance-invalidité.

Bref, vous avez dit, dans le débat précédent, Monsieur le conseiller fédéral, que c'était la dernière fois qu'on établirait un programme d'allègement et que nous allions véritablement affronter les réformes. Puissiez-vous avoir raison! Alors, sur ce plan-là je vous soutiendrai de tout coeur, parce qu'il faut bien dire que ce programme d'allègement constitue aussi une faillite de plus de la politique, que ce soit du Conseil fédéral, du Parlement ou des partis politiques, mais aussi d'une société qui est devenue hyperindividualiste. Je vois tout le courrier que j'ai reçu, touchant des intérêts particuliers, pour ce que nous allons discuter dans le détail tout à l'heure.

Je crois que, si nous ne changeons pas de manière de discuter, nous ne laisserons ni un Etat ni une société très appétissants à nos enfants et à nos petits-enfants.