Ory Gisèle · Ständerat · 2005-03-16
Ory Gisèle · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2005-03-16
Wortprotokoll
Je remercie le Conseil fédéral d'accepter ce postulat. Cependant, la formulation de la réponse m'inspire quelques réflexions.
Lors du Sommet de la Terre qui s'est tenu à Rio de Janeiro en 1992, 180 pays, dont la Suisse, se sont engagés à promouvoir le développement durable. La Suisse a rempli son engagement en inscrivant le développement durable dans la Constitution fédérale de 1999 et en adoptant sa "Stratégie 2002 pour le développement durable". Celle-ci définit les lignes directrices de la politique de développement durable en Suisse et mentionne en particulier la formation, la recherche et la technologie comme thèmes généraux. Les cantons et les communes participent à la réflexion sur le développement durable et plusieurs d'entre eux ont déjà élaboré des "Agendas 21" ou sont en voie de les réaliser. Le rapport de l'Office fédéral du développement territorial sur l'état des lieux des démarches de développement durable dans les cantons 2003/04 montre que le travail est bien avancé.
L'article 124 du plan de mise en oeuvre adopté lors du Sommet de Johannesburg de septembre 2002 demande aux gouvernements d'encourager l'utilisation de l'éducation pour promouvoir le développement durable. L'Allemagne et la France ont déjà élaboré des plans d'action dans ce domaine. Alors que la Suisse participait pour la première fois à l'Assemblée générale des Nations Unies en décembre 2002 en tant que membre à part entière, l'assemblée a décidé de concrétiser ces recommandations et a déclaré la décennie 2005-2014 "Décennie de l'éducation en vue d'un développement durable". Cette nouvelle décennie a été officiellement ouverte à New York le 1er mars dernier.
L'éducation est l'un des éléments les plus importants de la promotion du développement durable et dans ce cadre, les hautes écoles ont une responsabilité particulière. C'est là que nous devons agir en premier lieu, car c'est là que sont aujourd'hui les jeunes qui seront les décideurs de demain. Si nous voulons que la nouvelle génération soit consciente des enjeux du développement durable et puisse agir dans ce domaine de manière responsable dès demain, c'est dans les hautes écoles que nous devons commencer notre réflexion. Les cantons et les hautes écoles en sont déjà conscients. Permettez-moi de vous citer comme exemple l'article 4 lettre e de la loi sur l'instruction publique du canton de Genève: "L'enseignement public a pour but, dans le respect de la personnalité de chacun .... e. de rendre chaque élève progressivement conscient de son appartenance au monde qui l'entoure, en éveillant en lui le respect d'autrui, l'esprit de solidarité et de coopération et l'attachement aux objectifs du développement durable."
La majorité des universités de notre pays a signé la charte "Copernicus for sustainable universities", qui souligne le rôle des universités dans la prise de conscience et la promotion de la durabilité dans la société. L'Université de Genève a créé une faculté du développement durable.
Le message sur la formation, la recherche et la technologie 2008-2011 devra fixer les priorités de ces quatre années. Il est stratégique pour l'ensemble du domaine des hautes écoles. Il est donc nécessaire que la réflexion sur le développement durable y soit introduite et en devienne même l'un des fondements. Il n'est pas suffisant que cela ne soit pas exclu. Nous ne pouvons plus nous contenter d'une vision morcelée, tant au niveau géographique qu'historique de notre développement. Nous vivons dans un monde global et nous nous insérons dans un continuum historique.
Nous devons en tenir compte si nous voulons construire pour l'avenir, et non pas seulement pour les deux ou trois années futures. Nous devons donc avoir l'ambition de créer un programme d'action pour l'éducation en vue du développement durable, doté de fonds suffisants pour donner une impulsion à la réflexion sur le développement durable et à des réalisations concrètes - un programme de même nature que celui qui a été lancé en 2000 sur la question des genres et de l'égalité des chances entre hommes et femmes. Ce programme d'action doit intégrer tant le contenu des cours et la recherche que la gestion des hautes écoles. Il doit permettre de renforcer la position de la Suisse comme pôle d'excellence pour les branches qui sont essentielles pour le développement durable et assurer à notre industrie une avance technologique durable dans les domaines de demain.