Sommaruga Carlo · Nationalrat · 2005-05-30
Sommaruga Carlo · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2005-05-30
Wortprotokoll
Par ma proposition de minorité I, je vous demande de bien vouloir ne pas toucher aux lignes budgétaires qui concernent l'aide au développement et l'aide aux pays de l'Europe de l'Est.
J'argumente brièvement sur cette question en commençant par vous rappeler qu'en 2002, à Monterrey, au Mexique, la communauté internationale - soit plus de 180 Etats - s'est engagée pour les Objectifs du Millénaire pour le développement. (Brouhaha)
Il est vrai que peut-être, pour ce Parlement, l'aide au développement n'est pas essentielle, mais j'attire l'attention sur le fait que des millions de personnes en dépendent et qu'il serait peut-être opportun d'avoir un peu d'attention pour cette question.
Je disais donc que l'aide au développement faisait l'objet d'un accord international sur les Objectifs du Millénaire pour le développement du Millénaire, qui visent à réduire de moitié d'ici 2015 la pauvreté la plus grave sur cette planète. Il s'agit donc de venir en aide à des millions de personnes qui vivent dans une grande pauvreté, qui n'ont pas accès à l'eau ou qui sont victimes de pandémies.
Pour atteindre ces objectifs, tant le Conseil fédéral que la communauté internationale ont clairement affirmé qu'il fallait augmenter considérablement l'aide; il fallait en fait la doubler d'ici 2015. Des pays européens, mais aussi d'autres pays de la planète, ont décidé d'augmenter cette aide pour arriver le plus vite possible, soit d'ici 2015 au plus tard, à 0,7 pour cent du revenu national brut (RNB). Qu'en est-il en Suisse? En date du 18 mai 2005, la Suisse en est à 0,4 pour cent. C'est par un artifice comptable que le Conseil fédéral a réussi à atteindre ce premier palier de l'aide. En effet, il a inclus de nouveaux postes, mais de fait il n'y a pas eu d'augmentation des moyens destinés à l'aide au développement.
La proposition du Conseil fédéral, retenue par la commission, vise à maintenir la part du RNB à 0,4 pour cent ces prochaines années, et non pas à l'élever, comme l'ensemble de la communauté internationale le souhaite, à 0,7 pour cent. Il s'agit donc là d'un recul de la politique suisse, d'un positionnement de la Suisse en dehors de la stratégie globale de la communauté internationale. Ma proposition manifeste la volonté de poursuivre l'effort qui a été fait jusqu'à ce jour, pour que la Suisse s'inscrive dans le concert des nations qui participent finalement à la lutte contre la pauvreté et pour l'amélioration de la situation de millions de personnes à travers le monde.
Ainsi donc, au chiffre 1a qui concerne spécifiquement l'aide au développement, je vous invite à ne pas réduire ladite aide.
En ce qui concerne le chiffre 1b, je vous demande également de ne pas réduire ce poste. Il concerne l'aide aux pays de l'Est. Il est important aujourd'hui de consolider, par les actions que mène la Suisse dans les pays de l'Est - que ce soit par l'intermédiaire du SECO ou de la DDC -, la démocratie, la société civile ainsi que l'économie, ceci dans un contexte où il y a effectivement un certain nombre de travailleurs qui quittent ces pays pour rejoindre la Suisse. Finalement, par notre intervention dans ces pays, nous contribuons à réduire ces flux et surtout à réduire la peur, légitime, de certains travailleurs en Suisse.
Couper aujourd'hui dans le budget de l'aide au développement ou de l'aide aux pays de l'Est, c'est couper la branche sur laquelle nous sommes assis. En effet, c'est finalement ne pas participer à la réduction des risques qui sont ceux liés aux flux migratoires, et c'est aussi maintenir une situation mondiale instable, une situation d'insécurité qui se retourne également contre la Suisse.
Dans ces conditions, je vous invite donc à adopter ma proposition de minorité I, qui vise à maintenir les crédits tels que prévus dans les budgets 2006, 2007 et 2008, sans les réduire.