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Bugnon André · Nationalrat · 2005-06-06

Bugnon André · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2005-06-06

Wortprotokoll

Quelques remarques par rapport aux déclarations qui ont été faites à cette tribune. Je voudrais dire à Monsieur Lang que je suis tout à fait d'accord avec lui: c'est dramatique. La situation qu'il a décrite en parlant de la disparition des Roms, qui sont chassés du Kosovo; la question de la prostitution, du trafic des femmes - c'est sûr que ce sont des situations qu'on ne peut pas accepter.

Mais il faut savoir qu'avant l'intervention de l'OTAN, on était en situation de guerre. Si la guerre n'avait pas été stoppée, les choses seraient encore bien pires maintenant que celles qui ont été décrites par Monsieur Lang. On peut donc déplorer que toutes les choses n'aillent pas parfaitement du point de vue du respect des droits de l'homme dans cette région; mais je crois que l'intervention des armées de l'OTAN a fait qu'on a quand même arrêté le pire.

Madame Hollenstein dit qu'on peut intervenir avec les ONG. Bien sûr; mais on ne peut pas comparer une situation de guerre, ou d'obligation d'arrêt de guerre, à une situation de catastrophe naturelle. Dans une situation de catastrophe naturelle, les ONG peuvent intervenir facilement, parce qu'elles ne sont pas bloquées par des conflits internes ou par des menaces. Tandis que là, c'est véritablement sous le coup de la menace que les ONG devraient travailler. Je crois que cela ne peut pas se faire ainsi.

L'intervention de Monsieur Schlüer et celle de Madame Haller montrent que l'UDC est divisée par rapport à cette situation. Je voudrais dire ici qu'effectivement nous avons débattu au sein de l'UDC de la question de l'intervention de l'armée à l'étranger. Après ces délibérations, on était d'accord de demander que l'armée n'intervienne pas sur de nouvelles situations à l'étranger, ceci au nom du respect de la neutralité et pour toutes les raisons qui ont déjà été évoquées à cette tribune.

Mais je suis intervenu également dans cette discussion sur l'intervention de l'armée à l'étranger pour dire qu'on ne remettait pas en question les interventions qui étaient déjà en fonction, notamment celle du Kosovo. On ne voulait pas revenir en arrière; mais c'est pour prévenir justement d'autres interventions qu'on soutient le fait que l'armée ne doit pas aller plus avant dans des missions à l'étranger.

Par contre, la situation au Kosovo était déjà existante. L'armée suisse, par l'intermédiaire de la Swisscoy, intervenait déjà. Notre population aurait mal compris que l'on revienne en arrière sur cette situation-là. Il y a aussi un intérêt stratégique pour la Suisse: le Kosovo n'est pas très éloigné de la Suisse et 200 000 Kosovars habitent dans notre pays - c'est la question des réfugiés. C'est donc pour cette raison qu'une partie des membres du groupe UDC va soutenir la prolongation de l'engagement au Kosovo.

Je voudrais encore dire à Monsieur Schlüer, qui prétend qu'on prend du travail aux civils, que les travaux réalisés par la Swisscoy sont d'abord des travaux de logistique liés à la présence de la KFOR. S'il est vrai que la Swisscoy a participé à la construction de quelques ponts, ce n'est pas cela qui va enlever du travail aux Kosovars, car il y a énormément de travail de reconstruction à faire au Kosovo. Ainsi ces tâches de reconstruction ne peuvent être faites que si le pays est sécurisé et pacifié, sans quoi personne n'aura le courage de se lancer dans ces travaux de reconstruction. C'est pour ces raisons qu'une partie des membres du groupe UDC soutiendra la présence de la Swisscoy.

Au nom de la majorité de la commission, je vous demande de soutenir ce projet.