Freysinger Oskar · Nationalrat · 2005-06-13
Freysinger Oskar · Nationalrat · Wallis · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2005-06-13
Wortprotokoll
Etant toujours accusé de vouloir une Suisse fermée, cloisonnée, repliée sur elle-même, etc., je me suis dit qu'il était temps de donner un signal fort dans le sens d'une ouverture intelligente. Mais qu'est-ce que ça veut dire, une "ouverture intelligente"? Comment la pratiquer et qui doit-elle concerner?
Prenez un pays comme Taïwan: forte croissance économique, industrie de production dynamique, population laborieuse. Bref, voilà un pays qui représente un partenaire économique idéal! De plus, je ne connais pas en Suisse de cas de vente de drogue, de braquage ou d'abus de notre système social qui soit le fait de ressortissants taïwanais! Ajoutons à cela une solide démocratie, un respect remarquable des droits de l'homme, et nous avons un pays avec lequel il fait bon commercer et échanger, un pays qui mérite qu'on s'ouvre à lui dans l'intérêt réciproque de nos deux nations. [PAGE 775]
Or la réponse du Conseil fédéral se trouve être un "niet" retentissant. Me voilà bien frustré, moi qui croyais avoir enfin trouvé le moyen de faire dire oui à Monsieur Blocher, ici présent, "Ober-Neinsager" de la nation. Or, comme je le connais, il aurait certainement adoré le faire, mais il doit être collégial, n'est-ce pas, et représenter l'avis ouvert et tolérant de la majorité du collège gouvernemental! Donc pas de oui, mais un refus sec et sonnant au nom de l'alignement de notre politique extérieure sur ce qui se fait ailleurs. Pourtant, "à travers" Taïwan, il eût été possible de démontrer l'avantage d'avoir une politique de visa autonome, indépendante, flexible.
Hélas, Schengen étant passé par là, nous allons devoir nous aligner sur la politique des visas poursuivie par l'Union européenne, et celle-ci exige un visa pour les ressortissants taïwanais! Heureusement, cela est largement compensé, grâce à Schengen toujours, par une levée de l'obligation de visa pour la Chine populaire, dont tout le monde apprécie l'esprit démocratique et le respect des droits de l'homme version Tianan men! Evidemment, notre gouvernement avait refusé cette levée de l'obligation de visa à l'encontre de la République populaire de Chine pour des raisons sécuritaires. Mais, que voulez-vous, la cohérence relativiste s'accommode très bien de quelques contradictions rafraîchissantes.
Revenons cependant à notre île de Formose, comme elle s'appelait il n'y a pas si longtemps. Je crains que ma motion ne soit plus d'actualité depuis le 5 juin dernier, puisque nous aurons les pieds et les poings liés à partir de 2008 en ce qui concerne notre politique des visas. Pourtant, je la maintiens, ne serait-ce que pour un baroud d'honneur, pour démontrer mon attachement à notre souveraineté d'Etat-nation indépendant, avant que celle-ci soit définitivement devenue un avatar poussiéreux dans les livres d'histoire.
Je vous invite donc à adopter ma motion, rien que pour le principe et la beauté du geste, rien que pour faire preuve d'indépendance et d'ouverture, des valeurs apparemment largement répandues dans cette salle!