Couchepin Pascal · Bundesrat · 2005-06-14
Couchepin Pascal · Bundesrat · Wallis · 2005-06-14
Wortprotokoll
En 2001, la Confédération et les cantons, qui sont responsables ensemble de la reconnaissance des certificats de maturité, ont commandé une évaluation de la nouvelle maturité. Il y a deux phases. La première, maintenant achevée, a porté sur les modalités de la mise en place de la nouvelle maturité, sur les effets des nouveaux critères de réussite, les choix opérés par les élèves et les expériences faites avec le nouveau travail de maturité, évoqué par Monsieur Stadler il y a un instant. La deuxième phase, qui est en préparation, devra répondre aux questions suivantes, plus délicates et complexes: quelle est la qualité de la maturité? prépare-t-elle bien les bacheliers - c'est le sens de la question de Monsieur Stadler - aux études universitaires? comment assurer la qualité de la formation gymnasiale?
Il y a une semaine, j'ai rencontré les responsables de la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l'instruction publique. A cette occasion, j'ai donné le feu vert, au nom de la Confédération, pour lancer la deuxième phase. Les cantons eux-mêmes doivent décider, sauf erreur après-demain, [PAGE 614] de la mise en oeuvre de la deuxième phase d'évaluation, qui aboutira à donner les réponses que vous souhaitez.
La première phase, qui est terminée, donne une image assez favorable de la maturité. C'est vrai qu'on a surtout interrogé le milieu gymnasial, et non pas le milieu universitaire. C'est dans la deuxième phase que le milieu universitaire sera davantage interrogé. Or les questions que vous posez portent davantage sur ce problème que sur celui de l'atmosphère au sein des gymnases eux-mêmes.
Les milieux universitaires posent des questions au sujet de la qualité de la maturité. Un directeur de l'école polytechnique a dit qu'un jour peut-être il faudra introduire un examen d'entrée à l'école polytechnique. Nous sommes opposés à cette idée. Nous restons attachés à la vision républicaine de la maturité qui doit donner une assez large compétence permettant aux jeunes qui en bénéficient d'entrer dans toutes les institutions du niveau tertiaire - sous réserve de la pratique pour les HES - sans examen supplémentaire. C'est en cours de route que, le cas échéant, il pourrait y avoir une certaine élimination.
De toute façon, ce ne serait pas une "perte", car je constate que les personnes qui, après une année d'école polytechnique, par exemple, changent de voie, réussissent pas mal dans la vie, et parfois même presque mieux que celles qui ont fait un parcours tout à fait linéaire. Je m'explique cela par le fait que celui qui a commencé des études exigeantes, comme celles de l'école polytechnique, et qui, après une année, constate que ce n'est pas sa voie, a une sorte de volonté de surmonter ce qui est quand même un petit échec. Et celui qui a choisi la voie relativement difficile de l'école polytechnique se reprend parfois particulièrement bien suite à cet échec.
Ce n'est donc pas sûr que le fait que des gens échouent la première année ou renoncent après la première année soit le signe qu'il faille introduire un examen à l'entrée des ces institutions. Mais la discussion est ouverte. J'ai moi-même entendu des cris d'alarme de la part de certains directeurs de gymnases tout à fait classiques auxquels je suis particulièrement attaché.
Je peux vous dire que le ton de la discussion avec les responsables de l'instruction publique des cantons va dans le sens de vos préoccupations: pas d'affaiblissement de l'examen de maturité. Au contraire, on souhaite plutôt un renforcement, mais un renforcement humaniste, de cet examen. Il ne s'agit pas de faire des bêtes à bachot ou des bêtes à succès académique, il s'agit de faire des honnêtes hommes. Et quand je dis des honnêtes hommes, je pense naturellement aussi à des honnêtes femmes - mais cela est un autre problème!