Bugnon André · Nationalrat · 2005-12-06
Bugnon André · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2005-12-06
Wortprotokoll
La minorité vous demande de soutenir le projet du Conseil fédéral, à savoir: pas de diminution de crédit à la position Aides en économie animale. Je dois vous dire que je suis étonné des interventions qui ont été faites, notamment celle de Madame Kiener Nellen tout à l'heure, et également en commission par rapport à ces propositions de diminution. Lorsque la gauche présente des propositions, elle le fait pour gonfler les dépenses. Et puis tout d'un coup, pour l'Office fédéral de l'agriculture - ça concerne le monde paysan -, on fait des propositions pour diminuer les dépenses. C'est la seule place où la gauche fait des propositions pour diminuer les dépenses. Et ce qui est terrible, c'est que la gauche, qui doit normalement défendre les bas revenus, pèse encore sur la tête de personnes qui ne gagnent, pour la plus grande partie, pas 20 francs par heure. Il est vrai que, dans le monde paysan, on travaille 12 heures par jour, donc le nombre d'heures compense un tout petit peu le faible salaire horaire. Mais c'est totalement inadmissible, ce genre de comportement!
Je sais que certains se posent la question de savoir si l'agriculture est encore soutenue par les partis de droite - parce qu'il y a certaines mains tendues par la gauche - et si ce ne seraient pas les partis de gauche qui prendraient le relais. La réponse est claire: en tout cas, avec les propos de Madame Kiener Nellen, la gauche ne soutient pas la paysannerie.
Il s'agit ici d'aide à l'exportation de bétail d'élevage et de rente, pour le bétail de boucherie et la viande, pour les oeufs "accordés" dans le pays et la mise en valeur de la laine de mouton. Par rapport à la laine de mouton - et là je fais appel à la sensibilité des écologistes -, la plus grande partie de la laine de mouton produite en Suisse est brûlée, parce que ça ne vaut même plus la peine de la travailler. Et puis, on fait venir de la laine de mouton d'Australie et d'ailleurs, à grand renfort de pétrole pour la transporter jusqu'ici. C'est complètement aberrant! Et maintenant il y a une proposition de la gauche visant à supprimer les quelque 800 000 francs pour soutenir l'utilisation de la laine de mouton indigène.
Il y a aussi la question des oeufs. Voyez où ça peut nous mener: il y a une quinzaine d'années, on a voté une loi sur la protection des animaux prévoyant qu'il était inadmissible d'avoir des poules en batterie, et on a interdit ce mode d'élevage. Maintenant on doit donc avoir des poules élevées au sol. Automatiquement, cette façon de faire augmente les charges d'exploitation. Alors, les politiques décident de favoriser nos spécificités helvétiques en soutenant le marché des oeufs. Et, quinze ans après, la gauche dit: "Non, ils n'ont qu'à se débrouiller! On supprime le soutien au marché des oeufs." Donc on a exporté l'élevage des poules en batterie, car c'est dans les pays étrangers que l'on a construit des poulaillers du type batterie. Et maintenant, on ne veut même plus soutenir la production des oeufs indigènes!
Aussi je m'offusque et réagis contre ces propositions de réduction qui touchent la catégorie de population qui est la plus mal payée dans ce pays, et je vous demande de suivre la minorité, à savoir de soutenir le projet du Conseil fédéral.
Ce sont des montants qui ont déjà subi les réductions imposées par les programmes d'allègement budgétaire 2003 et 2004. Donc ils suivent le mouvement de réduction des dépenses. Mais, quand même! n'allons pas plus vite que ce qui est prévu d'une façon générale en pesant encore sur la tête d'une population qui sera bientôt la plus démunie de ce pays.