Chevrier Maurice · Nationalrat · 2005-12-15
Chevrier Maurice · Nationalrat · Wallis · Christlichdemokratische Fraktion · 2005-12-15
Wortprotokoll
Toutes les semaines, tous les week-ends, hier soir encore du côté de Rome, des heurts [PAGE 1934] surviennent en marge de manifestations sportives. La violence dans les stades, véritable phénomène de société, n'a pas ou n'a plus de frontières, et la Suisse y est confrontée à l'instar de ses voisins. Le fléau touche en particulier les sports d'équipe, surtout le football et le hockey sur glace. Il vaut pour les rencontres entre clubs comme, et parfois surtout, dans les affrontements entre équipes nationales. Les récents tristes événements de Turquie ont démontré que nous étions au point de rupture, puisque même les officiels - entraîneurs et joueurs - se laissaient aller à cette spirale infernale de la violence.
Nous devons constater que cette problématique, que ce soit dans son ampleur ou dans sa complexité, dépasse largement les compétences et limites géographiques cantonales. Il faut encadrer ces casseurs, véritables professionnels pour certains d'entre eux. Il faut empêcher ces petits voyous de nuire dès leur arrivée sur le territoire suisse et jusqu'à leur départ, que ce soit par la route, par le rail ou par la voie des airs. Un tel suivi nécessite une approche globale, donc fédérale. C'est un tenant du fédéralisme qui l'affirme. Or, comme une base légale fait défaut actuellement à ce niveau, le groupe PDC, à la quasi-unanimité, entrera en matière, dans le souci de pallier cette carence au plus vite.
Au plus vite, oui, car notre pays accuse du retard dans ce domaine. Au plus vite aussi, car l'Euro 2008 pointe son nez. Et en termes de sécurité, la Suisse ne peut pas "se louper", si vous me permettez l'expression. Il s'agit d'un véritable emblème pour le pays, d'un atout, voire même d'un élément de marketing pour nos entreprises, pour nos banques, pour notre tourisme, et j'en passe. Ce d'autant que les mesures qui sont proposées paraissent modérées, adaptées et propices à atteindre le but recherché.
Nous saluons en particulier la constitution d'une banque de données nationale qui permettra de recenser, d'individualiser les hooligans. Cette identification rapide, dans les meilleurs délais, de tous ces courageux anonymes apparaît comme prioritaire. Enfin, une application ponctuelle, une véritable loi spéciale 2008, n'a pas de sens: il faut appliquer ces mesures tant et aussi longtemps que la violence dans et autour des stades existera; mais nous y reviendrons.
Pour l'instant, entrons en matière avec conviction et même enthousiasme dans la perspective de cette grande fête que doit être l'Eurofoot 2008. Il y a urgence à légiférer, et il faut rejeter la proposition de renvoi.
Il convient d'aborder ce dossier, et ce domaine plus généralement, sans naïveté, sans juridisme excessif, sans trop d'idéalisme, Madame Menétrey-Savary - puisque vous êtes déjà là pour poser une question -, et sans angélisme.