Garbani Valérie · Nationalrat · 2000-09-26
Garbani Valérie · Nationalrat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2000-09-26
Wortprotokoll
Je vais être brève, puisque Mme Fehr Jacqueline a résumé l'essentiel de la position du groupe. Je rappelle donc que la majorité du groupe s'est prononcée en faveur du rapport sur la politique de sécurité 2000, mais surtout que notre point de vue se base sur le fait que la Suisse est très largement surarmée en comparaison internationale.
Nous voulons une armée meilleur marché, nous voulons une armée avec un budget de 3 milliards de francs d'ici 2012. Notre mot d'ordre est donc: "Economisons, plutôt que d'envisager des acquisitions d'armement démesurées", et précisément, le programme d'armement est tributaire d'une proche échéance, c'est-à-dire la votation du 26 novembre 2000 sur l'initiative populaire en faveur d'une redistribution des dépenses. Si cette initiative est acceptée, l'armée disposera d'un autre cadre budgétaire et les conséquences devraient être palpables pour l'"Armée XXI".
Avant que de se prononcer sur un programme d'armement, les conditions financières et le contenu politique doivent être préalablement clarifiés. Nous voulons une réduction des effectifs de l'armée, mais nous voulons aussi une réduction des dépenses. Le Conseil fédéral n'apporte pas, à notre avis, de justifications sérieuses aux dépenses élevées de la défense générale.
Les modèles "Armée 2005" et "Armée 2010", c'est-à-dire des études effectuées sur mandat du groupe socialiste des Chambres fédérales démontrent que la Suisse peut, sans réduire sa sécurité, diminuer ses dépenses militaires et réaffecter les montants ainsi économisés. Nous voyons notamment de grands potentiels d'économies dans des investissements dans l'intelligence de l'organisation plutôt que dans une technicité toujours plus sophistiquée, dans une spécialisation plus performante, par une division adéquate du travail, plutôt que dans une capacité multifonctionnelle définie à haut niveau, ou encore dans la garantie d'une mobilité par des forces légères rapides et dotées d'une grande puissance de feu plutôt que dans une mécanisation. Pour mémoire, lors de l'achat du canon de forteresse "Bison 93", le groupe socialiste avait déposé une proposition de renvoi, que la majorité du parlement avait refusée, manifestant ainsi une confiance aveugle dans le programme de l'armement. Aujourd'hui, l'on sait que cet achat n'était pas adéquat et que nos doutes étaient justifiés.