Bugnon André · Nationalrat · 2006-06-08
Bugnon André · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2006-06-08
Wortprotokoll
Ainsi, le compte d'Etat 2005 de la Confédération boucle avec une amélioration de 1,670 milliard de francs par rapport au budget. Devant un tel résultat, nous ne devrions que nous confondre en remerciements auprès du Conseil fédéral et des responsables de l'administration chargés de la gestion financière de notre Etat pour avoir si brillamment réussi cet exercice. Pour rester objectifs et honnêtes, nous ne pouvons en effet qu'apprécier ce résultat qui est le fruit d'un travail commun de notre gouvernement et de l'ensemble des collaboratrices et collaborateurs qui ont veillé à la maîtrise de nos finances. Ce résultat permet d'éviter d'autant l'accroissement de notre endettement. Au vu de ce constat, nous pouvons aussi nous féliciter d'avoir pris les mesures indispensables permettant de redresser le mieux possible le déficit structurel de la Confédération en acceptant les programmes d'économies et autres mesures pour aller dans ce sens.
Toutefois, malgré ce résultat réjouissant, il est important de constater que nous ne sommes qu'au milieu du gué et que les efforts doivent être maintenus pour nous sortir définitivement de cette situation chronique par laquelle l'Etat fédéral dépense systématiquement plus que ce qu'il n'encaisse. En effet, malgré ce faible déficit de 121 millions de francs, montant qui est repris par l'ensemble des médias et qui est communiqué à la population puisqu'il apparaît dans le compte financier, il n'en reste pas moins que la Confédération a dû encore couvrir, entre autres, dans l'exercice sous revue, le financement des découverts des caisses de pension de l'administration fédérale ainsi que de la Poste pour un montant de 1,7 milliard de francs. D'autre part, la caisse fédérale a dû encore octroyer un prêt à l'assurance-chômage et une avance de fonds pour les grands projets ferroviaires, si bien qu'en définitive, le compte de résultats boucle avec un déficit de 3,9 milliards de francs et que la dette s'est encore accrue de 3,654 milliards de francs l'année dernière, portant celle-ci à 130,3 milliards de francs.
Voilà la réalité des chiffres. Cette croissance de l'endettement va nous coûter, en intérêts supplémentaires, 110 millions de francs par année, ce qui démontre bien que nous sommes encore dans ce cycle infernal de consommation à crédit, ce qui implique que nos enfants et nos petits-enfants devront payer un jour la facture, soit par des augmentations d'impôts, soit par de nouvelles restrictions insoutenables imposées par des interventions de l'Etat dans tous les domaines de la vie communautaire; tout ceci pour payer le prix de la gestion irresponsable d'une génération qui tombe encore trop souvent dans la facilité d'un électoralisme primaire basé sur l'arrosage financier de la population, sans s'occuper des lendemains qui font déchanter.
3,577 milliards de francs: c'est le montant des intérêts que nous avons dû honorer l'année dernière, ce qui fait 9,7 millions de francs par jour, samedis et dimanches compris, et ceci malgré un taux d'intérêt moyen favorable de 2,8 pour cent.
En 2006, nous arriverons à 10 millions de francs d'intérêts par jour! Que dire de plus, si ce n'est que nous sommes assis sur un baril de poudre et que la mèche est déjà allumée. Si nous n'arrivons pas à l'éteindre ces prochaines années, la situation finira bien par exploser, avec les conséquences que cela impliquera pour la population de ce pays.
En conclusion et compte tenu des résultats catastrophiques des années précédentes, nous pouvons considérer le résultat 2005 comme admissible et accepter le compte d'Etat. Toutefois, nous ne pouvons que recommander au Conseil fédéral de tout entreprendre pour que le déficit structurel, problématique que nous connaissons encore, soit enfin résorbé, afin que nos descendants puissent, le moment venu, affronter les difficultés que leur époque leur imposera sans être enlisés dans les problèmes financiers que leurs prédécesseurs leur auront laissés.