Eggly Jacques-Simon · Nationalrat · 2006-06-14
Eggly Jacques-Simon · Nationalrat · Genf · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2006-06-14
Wortprotokoll
Tout se tient et on ne peut pas s'occuper de la partie sans s'occuper du tout. Bien sûr que le sida, la tuberculose, le paludisme sont des fléaux qui entravent le développement et qui, sur le plan humain, sont difficiles à observer et à admettre. Bien sûr que si l'on avait tous les moyens à disposition - je veux dire par décision de notre Parlement -, on n'aurait pas d'hésitation à augmenter les crédits pour aider à lutter contre ces fléaux. Mais, nous sommes dans une situation où on nous parle et où nous parlons jour après jour de la nécessité d'équilibrer les finances fédérales. Nous sommes dans une situation où le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) ne cesse d'être mis sous pression afin qu'il diminue son budget, et cela avec des risques pour l'ensemble de notre politique étrangère. Souvenez-vous, par exemple, qu'en ce qui concerne le milliard de francs de contribution pour les nouveaux pays membres de l'Union européenne, il y a eu des discussions sans fin ici et que l'on a reproché notamment à la cheffe du DFAE de ne pas avoir assez précisé comment la Confédération, le DFAE et le Département fédéral de l'économie compenseraient ces sommes engagées pour les nouveaux pays de l'Union européenne.
Alors il faut à un moment donné savoir raison garder et se dire qu'on est obligé de moduler. Par conséquent, malgré ce que disent les rapporteurs de la commission, il n'y a aucune garantie, si cette motion est adoptée, que ça s'ajoutera au budget du DFAE, et il y a beaucoup de risques qu'il y ait par contre une pression pour que l'on compense ailleurs, par exemple dans les crédits pour les représentations de la Suisse à l'étranger - vous avez vu déjà à quel point on a taillé dans ceux alloués aux consulats! Pour toutes ces raisons, et sans voler pour autant au secours de Madame Calmy-Rey - qui n'a pas besoin de moi pour cela -, je vous dirai que par conséquent, il ne faut pas voter une motion pour vous donner bonne conscience en disant qu'il y a urgence et qu'ainsi vous "mettez le paquet". "Mettre le paquet" ici, oui, mais "mettre le paquet" ailleurs, oui aussi, et encore ailleurs, oui aussi et après? Comment faisons-nous avec l'addition?
C'est la raison pour laquelle il faut suivre la voie qui est actuellement suivie par le Conseil fédéral, une voie qui, notamment, préserve le budget de la coopération au développement, laquelle pourrait être mise en danger par ce genre d'à-coups et d'impulsions venant du Parlement. Après tout, ce n'est pas négligeable: en 2005, la Confédération a dépensé 34 millions de francs pour sa contribution à la lutte contre le sida. Vouloir voter 25 millions de francs supplémentaires comme ça, d'un coup, ne serait pas raisonnable. Et quant au critère qui consiste à dire que ce serait conforme à l'évaluation de la richesse du pays, je dirai aux rapporteurs que, dans une foule de domaines, on pourrait dire qu'il faut augmenter le montant que nous devons voter de manière à ce que ce soit proportionnel à la richesse de notre pays. Ce n'est pas comme ça qu'on peut faire de la politique. Personnellement, je serais pour une augmentation du budget du DFAE dans son ensemble, mais je ne suis pas pour ces à-coups par motions sur un sujet, aussi légitime et aussi bouleversant puisse-t-il être.
C'est la raison pour laquelle, en fin de compte, au nom du groupe radical-libéral, je vous propose de voter avec la minorité le rejet de cette motion.