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Amgwerd Madeleine · Ständerat · 2006-06-07

Amgwerd Madeleine · Ständerat · Jura · Christlichdemokratische Fraktion · 2006-06-07

Wortprotokoll

Je ne vais pas redire ce qui a déjà été dit par mes collègues. Je partage en grande partie leur avis. J'aimerais développer ou mettre en lumière deux arguments en faveur du crédit, et faire deux remarques plus critiques.

Premièrement, comme il est d'usage de déclarer ses intérêts, je vous dirai donc que je ne suis pas fan de foot, mais que j'aime le sport, les sports, certains il est vrai plus que d'autres. J'apprécie particulièrement que le sport crée chez les jeunes l'envie d'en pratiquer un, pour apprendre le fair-play, l'esprit d'équipe et de compétition dans le bon sens du terme. Les sportifs de haut niveau peuvent être des idoles, mais ils devraient aussi être des modèles pour la jeunesse. Certains le sont assurément. Ils ont un rôle important à jouer pour inciter les jeunes à pratiquer un sport, afin que ceux-ci ne soient pas seulement des consommateurs de sport à la télévision. C'est un premier argument qui justifie le crédit que le Conseil fédéral nous propose.

Deuxièmement, organiser l'Euro 2008 dans notre pays, en collaboration avec l'Autriche, est une excellente promotion pour notre pays et son image à l'étranger, cela a déjà été dit. Cette publicité n'est certes pas gratuite, mais elle apporte et apportera encore sur le long terme des retombées importantes pour le tourisme, et en particulier pour les villes d'accueil ou les villes hôtes - pour éviter l'expression anglaise "host cities" si couramment utilisée par ces mêmes villes. Plus particulièrement, il est vrai que ce qui touche à la sécurité est investi pour un temps relativement court, du 7 au 29 juin 2008; mais d'autres investissements concernent des infrastructures définitives et profiteront aussi et encore une fois l'Euro 2008 terminé. Les inconvénients réels et circonscrits pour les villes hôtes et leur population seront donc compensés par des investissements qui profiteront sur le long terme à toute la population de ces villes et qui n'auraient pas été faits si cette manifestation n'avait pas été organisée en Suisse. [PAGE 316]

En résumé, il y a un certain inconvénient ou désavantage momentané, compensé par des avantages certains, considérés dans une perspective plus large. Je suis donc favorable à ce crédit tel que proposé par le Conseil fédéral.

J'aimerais faire maintenant deux remarques plus critiques. La différence entre le premier crédit 2002 de 3,5 millions de francs et celui qui nous est proposé aujourd'hui en a surpris plus d'un. La sécurité n'a pas de prix, c'est vrai. Je suis aussi d'avis que nous devons faire les choses comme il faut et que cela a un prix. La Suisse a l'habitude de ne pas faire les choses à moitié et de bien faire ce qu'elle entreprend ou organise, mais trop bien parfois. Nous avons la réputation de vouloir toujours être les premiers de classe. Il est vrai que, face à la violence et aux menaces de toutes sortes, il y a lieu de tout prévoir si cela est possible.

Mais, entre être toujours les premiers de classe et bien faire les choses, il y a une différence et cette différence a aussi un coût. Je demande donc au Conseil fédéral et aux personnes responsables de la mise en place de cette gigantesque organisation de ne pas viser la perfection totale "à la Suisse" et de savoir mettre les priorités et les moyens là où cela se justifie. Je pense alors que les montants prévus pourront ne pas être dépassés, voire même être en deçà des sommes indiquées dans le message. Dans ce sens, il est tout à fait normal et judicieux que certains montants soient plafonnés.

Ma deuxième remarque concerne l'UEFA. Il y a une certaine arrogance, voire une arrogance certaine dans les propos de cette association. Il n'y a pas de possibilité de négocier avec elle sur aucun sujet. Le premier aurait concerné un plus juste partage des responsabilités et des coûts quant à la sécurité et à son organisation. L'UEFA encaisse des sommes colossales, par exemple pour les retransmissions télévisées, le sponsoring, etc. Ces recettes sont, semble-t-il, redistribuées en grande partie aux associations nationales, et donc à l'ASF, aussi pour la promotion du football; c'est très bien. Mais, d'après les informations données à la commission, le montant des recettes est de 1,3 milliard de francs. En comparaison, les 72 millions de francs de la Confédération ne représentent qu'un petit peu plus que le 5 pour cent des recettes encaissées par l'UEFA. Nous aurions donc pu imaginer et souhaiter que les négociations avec l'UEFA au sujet de la répartition des coûts aient pu avoir lieu. Il semble que c'était impossible. Je ne peux que le regretter, mais je pense que c'est important de le dire. D'autres l'ont d'ailleurs dit avant moi. L'UEFA est toute-puissante et elle le sait.

Je dirai un mot encore sur les impôts à prélever à la source. Il est admis que pour les artistes et les sportifs les impôts soient prélevés à la source. Il semble que l'UEFA ne le conçoit pas ainsi. Est-ce qu'un accord a pu être trouvé à ce sujet? Les réponses définitives ne nous ont pas été données. En sait-on plus aujourd'hui?

Nous sommes dans le débat d'entrée en matière et je ne vais pas argumenter au sujet du montant supplémentaire à attribuer aux villes hôtes; d'autres le feront en temps voulu. Personnellement, je n'y suis pas favorable et je voterai selon le projet du Conseil fédéral.

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