Langenberger Christiane · Ständerat · 2006-06-07
Langenberger Christiane · Ständerat · Waadt · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2006-06-07
Wortprotokoll
Je reprendrai les mots par lesquels la présidente de la commission a terminé son intervention. Pour moi aussi, l'Euro 2008 représente une très grande chance pour la population suisse et pour notre jeunesse; c'est une plate-forme unique. Il s'agit de présenter ce projet au monde entier, avec un esprit d'équipe, de pouvoir souder le pays derrière ce projet.
On attend pour cette manifestation près de 800 000 nuitées supplémentaires - ce n'est pas rien - et il y aura plus de 5000 journalistes, 180 chaînes de télévision seront présentes et 8 milliards de personnes regarderont les rencontres. Le déroulement de l'Euro 2008 en Suisse aura de multiples effets durables pour notre pays, que ce soit sur la promotion économique, que ce soit en matière de tourisme. Je ne me prononcerai pas sur les recettes souhaitées. Nous savons maintenant ce qu'il en a été au Portugal. Il en ressort que nous avons été peut-être un petit peu optimistes dans nos estimations. Quel que soit le résultat de toute façon, nous ne sortirons pas de cette expérience les mains vides.
Bien entendu, je me suis étonnée, comme bien d'autres, de certains aspects de la gestion financière de cette compétition. Je faisais cependant partie de la commission en 2002: celle-ci n'a pas tiqué lorsqu'on nous a démontré le coût de cette manifestation. Je l'ai bel et bien accepté à ce moment-là, je dois donc en supporter les conséquences.
Aujourd'hui, nous devons voter un crédit d'engagement de 72 millions de francs, voire de 82,5 millions de francs: est-ce suffisant? est-ce trop? Pour ma part, je conçois que le hooliganisme, le terrorisme, le fédéralisme, la répartition des rencontres sur quatre villes exigent des moyens bien supérieurs à ceux engagés au Portugal. Les expériences faites dans le domaine de la sécurité au World Economic Forum, au Sommet du G8 à Evian sont également une base de données intéressante, quoique différente dans la dimension politique de l'événement.
Si l'on compare notre budget avec le coût qui en est résulté pour la Belgique qui a coorganisé le rendez-vous en 2000 - j'ai trouvé le chiffre de 37 millions de francs -, on doit bien admettre que nous nous trouvons confrontés à une "constellation" d'insécurité bien plus grande. Alors soit nous nous donnons les moyens de pouvoir assurer la sécurité d'une telle manifestation, soit nous y renonçons, ce qui serait fort dommage. Il suffit pour s'en convaincre de voir la bataille que se livrent les pays pour obtenir l'organisation de telles "mégacompétitions".
Je suis dès lors favorable à la décision de la commission de prévoir une contribution particulière de 25,2 millions de francs, dont la moitié est à économiser par les départements concernés au prorata des crédits qui leur ont été alloués. Bien entendu, j'ai critiqué comme d'autres le fait que l'UEFA n'assumait pas une partie plus élevée des charges. On nous a montré à quel point l'UEFA faisait vivre des associations, des clubs, etc. Nous avons reçu un tableau qui montre que - comme la présidente ne l'a pas dit - l'UEFA, basée à Nyon, dépense pour l'organisation de l'ensemble de cette manifestation 250 millions de francs; 300 millions de francs sont donnés à des clubs de football nationaux pour leur participation à l'Euro 2008; et, enfin, également 500 millions de francs vont à des clubs nationaux dans le domaine de l'organisation de clubs de jeunes, de femmes, de l'aide aux clubs dans les pays de l'Est, etc. Voilà donc les explications que l'on nous a données.
Il n'en reste pas moins que l'UEFA représente un monopole et que, bien sûr, les montants octroyés semblent malgré tout difficiles à comprendre si on les compare avec ce que l'UEFA retirera des droits de télévision pour la retransmission des matchs et du sponsoring.
Faut-il soutenir les villes, comme l'a fait le Conseil national, en leur accordant les 10,5 millions de francs supplémentaires qu'elles réclament? Les villes ne retirent pas que des bénéfices de cette compétition: bruit, risque de violences, trafic, mobilisation des forces de police sont des éléments qui ne réjouissent pas forcément tous les habitants qui pourraient être tentés de les refuser. Il ne fait aucun doute que ces villes seront confrontées à des dépenses importantes pour assurer la sécurité. Les derniers événements de Bâle en sont un exemple éloquent. De plus, nous allons bien sûr pouvoir tirer les leçons de la Coupe du monde de football, et les villes hôtes seront bien sûr aussi confrontées à des problèmes similaires.
Bref, pour ma part, j'avais soutenu la majorité en commission. Mais je me suis laissée convaincre qu'il fallait soutenir un peu plus les villes. Dès lors, je me rallie à la décision du Conseil national.
Nous avons été plusieurs à demander au Conseil fédéral de mener une politique permettant de lutter de manière accrue contre la prostitution forcée dans le cadre de ce championnat. Il est important que la gangrène de la traite des femmes n'accompagne pas l'Euro 2008. C'est la face sombre du sport et nous aimerions en limiter les effets. Des campagnes de sensibilisation doivent être engagées avec l'Autriche - l'Allemagne nous montre l'exemple. Le rapport oral du Conseil fédéral nous permet de croire que les milieux politiques sont ici conscients de la situation. Reste bien entendu aux ONG et associations diverses de faire leur travail et d'organiser la prévention et le soutien à ces femmes le moment venu.
Quand on parle de montants supplémentaires dont les villes doivent profiter, j'imagine aussi qu'il s'agit d'organiser toutes sortes de manifestations parallèles dans les villes. Ce n'est pas seulement une question d'Euro 2008 et de compétitions dans les stades. C'est aussi l'idée de permettre à l'ensemble de la population et aux hommes présents de bénéficier d'activités organisées dans le cadre de ces manifestations et [PAGE 315] qui, peut-être, auront une influence sur le problème que je viens d'évoquer.
Pour ma part, je suis donc tout à fait favorable à ce championnat et je vous propose de le soutenir.