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Ory Gisèle · Ständerat · 2006-09-21

Ory Gisèle · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2006-09-21

Wortprotokoll

L'initiative populaire "pour des aliments produits sans manipulations génétiques" a eu plus de succès que nous ne l'avions pensé au départ. Cela a montré, si c'était nécessaire, que la population n'était pas prête à accepter des cultures et une alimentation peu respectueuses de l'environnement. La campagne qui a précédé la votation a révélé que la population était autant préoccupée par sa propre santé que par les effets des organismes génétiquement modifiés sur l'environnement et sur les autres plantes cultivées ou sauvages. [PAGE 703]

Le génie génétique est une science nouvelle, certainement prometteuse. Nous devons continuer les recherches dans ce domaine. Le moratoire nous permet de le faire. Cependant, ce n'est pas la seule technique qui soit prometteuse et certainement pas la plus prometteuse dans le domaine de l'agriculture et de l'alimentation, du moins en ce qui concerne l'avenir de l'agriculture suisse. L'agriculture suisse a pris un virage important depuis plus de dix ans, et ce virage n'est pas celui de la superproductivité des grandes surfaces à l'américaine, où l'on cultive des plantes au prix le plus bas et sans ménager les interventions chimiques, mais c'est celui de la qualité, du goût et des produits du terroir, c'est celui d'une agriculture proche de la nature.

Ce virage a été amorcé sous la pression des consommatrices et des consommateurs, mais aussi de l'ouverture du marché agricole et de la diminution obligatoire des subventions classiques. Je dirai en outre que si la Suisse veut se positionner au niveau international et exporter sa production, elle ne peut s'appuyer que sur la qualité exceptionnelle de ses produits. La plupart des agriculteurs produisent aujourd'hui selon les méthodes de la production intégrée ou biologique.

C'est particulièrement vrai ici, dans les Grisons, où une part importante des agriculteurs investit avec succès dans l'agriculture biologique. Les agriculteurs grisons détiennent un record dans ce domaine. Je profite de l'occasion qui m'est donnée pour les en féliciter et pour les remercier de leur accueil et de l'excellent fromage qu'ils nous ont offert.

Proches de la nature, cela ne signifie pas que ce soit facile et qu'il suffise de laisser pousser les plantes. Au contraire, intervenir au bon moment et de la bonne manière, c'est parfois difficile, parfois moins efficace, parfois plus cher. Il est donc important, pour être à l'écoute des besoins de cette nouvelle agriculture, de développer la recherche dans ces domaines innovateurs.

Nous avons plusieurs stations de recherches agronomiques; nous pouvons les encourager à présenter des projets de recherches. Il y a beaucoup à faire pour améliorer les connaissances en matière de lutte biologique et de production intégrée, pour accroître l'efficacité et diminuer les coûts de production. L'avenir est aux cultures intégrées et biologiques, parce qu'elles ménagent la santé de l'être humain et en particulier celle de l'agriculteur, des consommateurs et des consommatrices, des plantes, de l'eau et de l'air.

Je vous propose donc d'accepter cette motion, comme l'a proposé le Conseil fédéral et comme l'a fait le Conseil national, et de prier ainsi le Conseil fédéral d'encourager davantage les recherches en agriculture, en particulier dans les domaines de la production intégrée et de l'agriculture biologique.