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Burkhalter Didier · Nationalrat · 2006-12-12

Burkhalter Didier · Nationalrat · Neuenburg · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2006-12-12

Wortprotokoll

Comme vous venez de l'entendre, le groupe radical-libéral entre en matière sur ce programme - jusque-là rien de nouveau.

Ce qui est nouveau en revanche, c'est que nous avons la ferme volonté de faire en sorte que ce programme d'armement soit accepté clairement, et en entier, par la majorité au Parlement. Nous considérerons toute modification de ce dossier comme une remise en cause globale. A part l'armement, il en va de la qualité de notre armée et surtout de la crédibilité d'une politique de sécurité durable. Cette revendication est claire, et l'acceptation de l'ensemble du programme n'est pas excessive. Elle est fondée sur deux constats: d'abord, le programme en lui-même est bon, il est composé d'objets concrets justifiés; d'autre part, le temps est venu pour une décision politique sans équivoque.

Reprenons ces deux constats. Concernant le programme et son contenu, notre conseil aura l'occasion d'en faire l'inspection quasi militaire, grâce au tir groupé des propositions de minorité émanant des rangs socialistes ou des Verts; propositions que nous rejetterons.

J'aimerais seulement dire en résumé et en trois points pourquoi ce programme est bon.

D'abord parce qu'il se concentre sur les domaines d'investissement prioritaires et d'avenir: la compétence de conduire des opérations toujours plus complexes qui impliquent toujours plus de partenaires, la capacité de se déplacer rapidement et sûrement et l'efficacité dans la formation et dans l'utilisation des moyens armés.

Par ailleurs, le programme est bon parce qu'il permet de combler des lacunes dans l'ensemble des missions confiées par la loi à l'armée. Il ne comble évidemment pas toutes les lacunes et nous estimons en particulier qu'une solution doit être bientôt trouvée à la question restée ouverte de l'avion de transport pour les engagements à l'étranger.

Enfin, le programme est bon et se justifie parce qu'il permet de maintenir le niveau technologique de notre armée, de même d'ailleurs que celui de la base industrielle en Suisse.

J'en viens maintenant au second constat de base selon lequel le temps est venu pour une décision politique sans équivoque. Pourquoi? Pour trois raisons.

D'abord, parce qu'il faut poursuivre l'effort de modernisation de l'armée qui est voulu par le groupe radical-libéral, mais surtout par la réforme de l'"Armée XXI" et donc par la population. C'est en quelque sorte l'une des conséquences concrètes et principales qui dépend de notre responsabilité. Il ne faut pas affaiblir; il ne faut pas stagner; il faut moderniser.

Ensuite, une décision politique est nécessaire, parce que le débat sur l'étape de développement 2008-2011 ne doit pas nous faire perdre le sens des proportions. Cette étape vise à déplacer quelque peu les priorités en faveur de la sécurité sectorielle. Si cette étape devait finalement être abandonnée, on pourrait tout au plus être amené à augmenter à terme les quantités de certains des éléments du programme. Le Conseil des Etats ne s'y est pas trompé: étape de développement ou non, il a accepté le programme d'armement par 32 voix contre 5. De plus, à Flims, notre conseil a aussi décidé de donner un cadre financier plus stable à l'armée sur plusieurs années. Il serait parfaitement incohérent de refuser aujourd'hui un programme d'armement de ce montant que nous souhaitons en totalité.

Ensuite, un autre et dernier argument pour une décision claire et favorable est qu'il faut donner un bon coup de frein à l'utilisation du programme d'armement comme une arme partisane à court terme et qu'il ne faut pas le prendre en otage pour tenter d'infléchir la politique de sécurité, qui relève d'autres bases légales et d'autres débats politiques. On peut évidemment croiser le fer sur des éléments de la politique suisse de sécurité, comme les engagements à l'étranger pour la promotion de la paix - et nous sommes prêts à le faire -, mais alors il faut choisir un autre moyen parlementaire et un autre débat.

Une remarque encore pour l'avenir, c'est que si l'on veut sortir les programmes d'armement du terrain miné qu'ils traversent depuis quelques années, il faut revoir fondamentalement la procédure d'acquisition des armements en Suisse. La solution que nous proposons, c'est donc un crédit-cadre sur plusieurs années, qui serait à chaque fois accompagné d'une réactualisation du rapport sur la politique de sécurité, bref un horizon stratégique plus large, avec davantage de stabilité au service de la sécurité de notre pays.

En conclusion, la position du groupe radical-libéral est de vouloir retrouver une ligne plus stable. Nous voulons que ce programme d'armement passe la rampe, qu'il la passe clairement, contrairement aux deux dernières années. Nous le considérons tout simplement mais résolument comme un test politique de sécurité pour la politique de l'avenir, qui doit être plus stable et plus crédible. Nous suivrons cette ligne-là et cette ligne-là seulement. Si l'on devait en dévier, nous n'apporterions plus notre soutien à ce programme d'armement au vote sur l'ensemble. D'ailleurs, le vote sur l'ensemble n'en serait plus vraiment un.