Lexipedia

Couchepin Pascal · Bundesrat · 2006-12-14

Couchepin Pascal · Bundesrat · Wallis · 2006-12-14

Wortprotokoll

Nous vous proposons de repousser cette motion d'ordre.

Il est exact que l'expertise la plus large qui a été faite date de 1999. Mais depuis lors, toute une série d'études ont été présentées dans des revues savantes comme "The Lancet", "British Medical Journal", "European Addiction Research". Toutes ces études confirment les conclusions de l'expertise de 1999. En Suisse aussi, on a poursuivi des recherches dans ce domaine - Rehm, Frey, Güttinger en 2001, 2002, 2003 -, et toutes aboutissent à la confirmation de ce que disait l'expertise neutre de l'OMS, qui a d'ailleurs aussi été confirmée par des études néerlandaises.

J'apporterai encore quelques précisions supplémentaires. En 2005, 147 personnes ont quitté les centres de traitement avec prescription d'héroïne, et plus de la moitié d'entre elles poursuivent une autre forme de thérapie. 41 pour cent des personnes qui ont quitté les centres de thérapie sont passées à un traitement de substitution à la méthadone, et 20 pour cent à un traitement orienté vers l'abstinence. En outre, 6 personnes ont dû être exclues en raison d'infractions aux règles, et 4 autres ont cessé tout contact avec le centre qu'elles fréquentaient.

Le nombre des décès - 9 cas en 2005 - est resté relativement stable par rapport aux années précédentes. Publiée en 2005, une analyse détaillée de la mortalité dans le traitement avec prescription d'héroïne entre 1994 et 2000 montre que la mortalité est plus faible chez les patients qui suivent ce traitement que chez les personnes suivant d'autres traitements, de même que chez les patients de la cohorte suisse des opiomanes.

Je crois que les faits démontrent que cette thérapie est meilleure que d'autres. Le fait qu'elle soit accompagnée par un traitement médical et que ce dernier apporte aussi sa contribution à l'amélioration constatée est une évidence. On n'a jamais prétendu mécaniquement qu'il fallait donner de l'héroïne et que tout irait pour le mieux. Il est évident qu'il faut un suivi médical qui accompagne la prescription de l'héroïne, et ce sera impossible, même avec la meilleure volonté, de dire quel est, dans l'amélioration, le pourcentage constitué par l'apport de la prescription d'héroïne et quel est celui dû au suivi médical. Mais ce qui est certain, c'est que les deux choses sont nécessaires. Le fait que l'un ne peut pas aller sans l'autre ne signifie pas qu'il faille renoncer au traitement par l'héroïne prescrite médicalement.

Ce sont les raisons pour lesquelles nous vous demandons de repousser la motion d'ordre Ruey.