Langenberger Christiane · Ständerat · 2006-12-05
Langenberger Christiane · Ständerat · Waadt · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2006-12-05
Wortprotokoll
Permettez-moi de vous prendre au maximum trois à quatre minutes; on n'a pas eu souvent l'occasion de parler du problème de la mammographie, je pense qu'on peut en dire deux mots.
Tout d'abord, Monsieur le conseiller fédéral, je vous remercie pour votre réponse détaillée, mais qui me semble toutefois manquer un peu de fermeté. Tout à l'heure, dans le cadre de Managed Care, vous avez souligné que la solution aurait pu être plus impérative; c'était aussi mon souhait.
Je rappelle peut-être, pour ceux qui ne s'occupent pas tous les jours de la question, que l'on utilise le terme de "mammographie" pour désigner un examen radiologique régulier des seins destiné aux femmes entre 50 et 69 ans. Ces femmes n'ont pas observé de modification de leur poitrine, ni ressenti de douleur. La mammographie a donc pour but de déceler le plus rapidement possible un cancer du sein, afin d'en assurer un traitement efficace et d'accroître les chances de survie de la patiente. Ce dépistage fait partie de programmes qui doivent répondre à des exigences de qualité très strictes - et vous l'avez relevé dans votre réponse - car il faut une grande expérience pour qu'un radiologue soit à même d'interpréter les images de manière optimale. A cette condition, les mammographies sont prises en charge par l'assurance obligatoire des soins. Cinq cantons romands offrent un programme de dépistage et dans le canton de Saint-Gall, le Conseil d'Etat est chargé de présenter un programme. Le remboursement de cette prestation est toutefois limité à la fin de l'année 2007. C'est la raison de mon interpellation.
Ensuite, quelques chiffres: chaque année quelque 5300 femmes développent un cancer du sein et plus de 1300 en meurent dans notre pays. Dans les pays qui, comme la Grande-Bretagne, la Suède, le Canada, les Etats-Unis et les Pays-Bas, ont une longue expérience des programmes de dépistage, diverses études prouvent que la mortalité a pu être considérablement diminuée. En Grande-Bretagne par exemple, la mortalité liée au cancer du sein a reculé de 8 pour cent. Chez les patientes de 55 à 69 ans, elle a même diminué d'un quart.
Enfin, entre 1995 et 2002, la mortalité par cancer du sein a diminué de 35 pour cent chez les femmes de 55 à 74 ans dans les cantons romands où la mammographie de dépistage s'est généralisée, alors que la baisse n'a été que de 14 pour cent dans les autres cantons essentiellement alémaniques.
Il est vrai, Monsieur le conseiller fédéral, comme vous le remarquez dans votre réponse, que des femmes risquent d'être confrontées à tort à une suspicion de cancer suite à une mammographie de dépistage, et que seuls de nouveaux examens, dont des biopsies, permettent alors de réfuter ce soupçon. Mais encore une fois, par rapport aux expériences faites dans les pays que j'ai cités comme dans les cantons romands, cet aspect de l'analyse ne paraît pas déterminant.
De plus, la mammographie de dépistage ne contribue pas seulement à l'abaissement de la mortalité liée au cancer du sein, mais elle permet une détection en moyenne plus précoce des tumeurs et dans bien des cas une thérapie beaucoup moins agressive. Qui d'entre nous n'a pas une connaissance confrontée à ce terrible verdict de l'ablation d'un sein?
Je vous prie donc de prendre très au sérieux les résultats positifs largement diffusés aussi par la Ligue suisse contre le cancer et de vous engager activement, afin que le cadre juridique permette de rembourser les examens faits dans le cadre d'un programme de dépistage pour l'assurance obligatoire, et ceci au-delà de 2007.
La commission du Conseil national vient d'ailleurs de voter une motion allant dans ce sens, par 22 voix et 2 abstentions. Les choses avancent, même si c'est un peu lentement.