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Langenberger Christiane · Ständerat · 2006-12-13

Langenberger Christiane · Ständerat · Waadt · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2006-12-13

Wortprotokoll

Permettez-moi de commencer par une citation: "Il n'y a pas de recherche nationale, de la même manière qu'il n'existe pas de table de multiplication nationale." C'est une phrase d'Anton Tchekhov. Elle me paraît particulièrement adaptée à la situation actuelle, puisque nous avons dû - et devrons encore - convaincre de l'importance de nous associer à ce septième programme-cadre européen. Nous devrons convaincre à la fois les personnes qui hésitent à investir autant d'argent dans la recherche européenne que celles qui craignent de prétériter, comme vient de le dire Fritz Schiesser, le Fonds national suisse de la recherche scientifique.

J'aimerais insister sur deux domaines qui rendent notre participation si importante: le domaine de la recherche et celui de notre développement économique. Par essence, la recherche scientifique n'a pas de frontières. Même si elle nécessite un soutien évident sur le plan national, le maintien de notre excellence passe par une compétitivité hors de nos frontières nationales. En Europe, les programmes-cadres financent justement le contexte qui permet à cette compétitivité de s'exprimer. Par conséquent, la pleine association constitue la meilleure stratégie, afin que les chercheurs suisses puissent jouer le rôle qu'ils méritent à armes égales et puissent aussi, bien entendu, coordonner des projets. Les septièmes programmes-cadres financeront par ailleurs pour la première fois des équipes de chercheurs individuels sur la base de leur excellence scientifique, avec un budget de près de 8 milliards d'euros. Seuls les pays associés pourront tirer parti de ces opportunités absolument capitales pour la Suisse, qui dispose justement d'une excellence scientifique supérieure à la moyenne pour se mesurer à la compétition européenne. On ne saurait ainsi trop insister sur la portée d'une pleine participation aux programmes-cadres de l'Union européenne. Ce serait une grossière erreur de mettre en concurrence notre soutien au Fonds national suisse de la recherche scientifique et celui de notre participation aux programmes-cadres de l'Union européenne, car ils sont complémentaires et indispensables à notre croissance économique.

Ainsi, un autre attrait est précisément celui pour notre économie. En Europe, les programmes-cadres représentent une opportunité incomparable de coopération entre entreprises et hautes écoles au sein de projets communs. Cette collaboration favorise la modernisation des entreprises européennes, indispensable pour permettre à l'Europe de renforcer ses positions concurrentielles face, par exemple, aux Etats-Unis et aux pays asiatiques. Globalement, directement, indirectement, elle contribue au maintien et au développement de l'emploi. Il en va de même pour nos propres entreprises, que ce soient de grandes entreprises ou des PME qui peuvent aussi y exploiter leur potentiel d'innovation en dehors de la Suisse, ce qui leur offre des avantages compétitifs dans le marché européen.

Nos entreprises participent à hauteur de 25 pour cent aux sixièmes programmes-cadres. Les PME et l'industrie estiment que la valeur ajoutée de ces projets réside - en plus des pourcentages évoqués qui paraissent encore et toujours insuffisants - dans les contacts, l'accès à de nouveaux savoirs, à de nouveaux débouchés commerciaux, ainsi que le développement de nouveaux produits et services. Ce n'est pas pour rien que les organisations économiques faîtières et nos hautes écoles soutiennent avec vigueur la participation de la Suisse. Cela n'a pas toujours été le cas, mais ça l'est actuellement. On peut également rassurer ceux qui craignent que le retour sur investissement soit insuffisant: alors que les estimations le situaient autour de 60 pour cent pour les sixièmes programmes-cadres, il est tout de même de 100 pour cent aujourd'hui.

Les programmes-cadres ont aussi généré de nouveaux postes de travail en Suisse. On peut estimer, sur la base du rapport d'évaluation, que la participation suisse aux sixièmes programmes-cadres aura généré près de 2000 postes de travail à plein temps en Suisse, et ceci sur quatre ans. Il nous appartient de faire peut-être plus avec les septièmes programmes-cadres et c'est la raison pour laquelle les mesures d'accompagnement qui permettent de motiver, d'informer et de conseiller les chercheurs et les PME dans leurs démarches et dépôts de projets sont si importantes.

Nous devons au Secrétariat d'Etat à l'éducation et à la recherche d'avoir créé Euresearch, qui regroupe dans les hautes écoles des chercheurs susceptibles de guider les utilisateurs, dans les PME, dans les principaux domaines thématiques des programmes-cadres. C'est un modèle de fonctionnement que bien des pays nous envient. Sachez tout simplement que dans chaque université nous avons un bureau avec un chercheur généraliste susceptible de conseiller à la fois les HES et les universités - ceci pour répondre à ceux qui estiment que les HES n'ont pas joué un rôle assez important jusqu'à l'heure actuelle.

N'oubliez pas qu'actuellement les HES ne disposent encore que de peu de possibilités dans la recherche appliquée. Tout cela est en train de se mettre en place, souvent en association directe avec les entreprises de la région, comme d'ailleurs avec les universités.

Il y a donc des chercheurs généralistes dans les universités et en plus un bureau, le "headquarter" à Berne, avec des chercheurs spécialisés dans chaque grand domaine de recherche de l'Union européenne. Nous venons d'y nommer deux responsables des relations avec les PME, pour répondre aux critiques relatives au manque de participation des PME qui ont été formulées ici. Encore une fois, tout cela est en train de se consolider et de se mettre en place.

Je vous demande donc bien entendu d'entrer en matière et de vous prononcer en faveur de ce projet.