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Cornu Jean-Claude · Ständerat · 2000-09-20

Cornu Jean-Claude · Ständerat · Freiburg · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2000-09-20

Wortprotokoll

Prenons garde de ne pas traiter ce sujet à la légère. Je suis d'accord à cet égard avec MM. Bieri et Marty que l'animal n'est pas un être humain. Il n'en demeure pas moins que, dans la typologie du genre humain, l'homme politique - l'homo politicus - occupe, selon certains, une place de choix dans la théorie darwiniste de l'évolution de l'espèce. De l'animal à l'homme, de l'homme à l'animal, il n'y a parfois qu'un pas. Pouvons-nous, dès lors, continuer de considérer nos amies les bêtes comme des choses? La question nous est maintenant posée et nous devons y répondre. Comme nous devons décliner nos intérêts, je vous informe que je suis moi-même propriétaire, que dis-je propriétaire, voisin, ami de deux beaux chats qui m'accompagnent assidûment durant les nombreuses heures de bureau que nous impose notre mandat fédéral. Ainsi, vous savez tout sur mes intérêts personnel en la matière.

Plus sérieusement, je vais soutenir l'initiative parlementaire Marty Dick et je vous propose d'en faire de même, sans enthousiasme, mais seulement parce que je pense, avec la majorité de la commission, que nous ne pouvons pas faire l'économie de ce débat, faire l'économie de cette réflexion, les deux initiatives auxquelles on a fait allusion suffisent à le démontrer. Pour beaucoup, personnes âgées, invalides, enfants, etc., leur animal domestique occupe une place essentielle dans des vies parfois difficiles, où les occasions d'échange, de tendresse, de partage, ne sont pas très fréquents. En pareil cas, le statut de l'animal chéri peut devenir problématique, si certaines circonstances de la vie se précisent: la mort, l'accident, le divorce, l'entrée dans un établissement.

Si je suis d'accord avec ce principe, je dis tout aussitôt: "attention", car le sujet est délicat et nous devons vraiment veiller, M. Bieri l'a dit et a insisté, à ne pas tomber dans l'excès et la mièvrerie. Je ne suis pas prêt à répondre à une demande en tort moral de la part de mon voisin, parce que mon matou s'en serait pris à son poisson rouge préféré. Je ne néglige pas les craintes fondées, même si je le présente sous l'angle un peu humoristique de tous ceux qui, les professionnels en particulier, ont un autre rapport avec les animaux. Imaginez le paysan qui se verrait interdire d'amener son veau à l'abattoir parce que la petite fille de son voisin s'est prise d'amitié pour ses doux yeux.

Il s'agira donc d'être extrêmement prudent et précis dans les définitions qui seront données et les exceptions qui pourraient être consenties aux règles et pratiques en la matière. Mais mieux vaut un débat sensé dans le cadre de notre Parlement que des initiatives extrêmes et multiples.

C'est donc dans ce sens seulement que j'opinerai positivement aujourd'hui, avec toutes les réserves que j'ai formulées. Je vous propose d'en faire de même.