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Marty Dick · Ständerat · 2007-06-12

Marty Dick · Ständerat · Tessin · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2007-06-12

Wortprotokoll

La politique étrangère est un instrument qui permet de poursuivre des intérêts et surtout de les défendre - comme vient de le dire Monsieur Briner -, mais c'est aussi une politique qui se fonde sur des valeurs. Le Conseil fédéral ne perd pas une occasion, d'ailleurs, de le rappeler: donc, deux piliers principaux, intérêts et valeurs.

Je trouve que, dans cette affaire de la République populaire de Chine et de la République de Chine (Taïwan), nous sommes en présence d'un exemple parfait de conflit entre les intérêts et les valeurs. Dans cette affaire, on a manifestement choisi de se placer du côté des intérêts et on a mis un peu de côté les valeurs. Car on l'a rappelé, Taïwan est un pays indépendant. Le Tribunal fédéral suisse, d'ailleurs, l'a rappelé et l'a démontré par un raisonnement extrêmement poussé et rigoureux: c'est un pays où il y a eu une alternance démocratique et où les droits de l'homme jouissent d'un standard qui, par rapport à d'autres pays asiatiques, est certainement élevé. Ce n'est pas du tout le cas en Chine, où il n'y a pas d'alternance démocratique ni de vrai respect des libertés fondamentales et où il existe une pratique de la peine de mort qui est absolument horrible.

Donc, je crois qu'il faut dire et rappeler certaines choses. Que Taïwan puisse participer aux travaux de l'Organisation mondiale de la santé me paraît absolument aller de soi. C'est une chose absolument élémentaire, ne serait-ce que pour garantir les buts poursuivis par l'organisation même.

Je voudrais simplement rappeler le conflit entre valeurs et intérêts, car lorsqu'on choisit les intérêts, ce ne sont pas toujours les intérêts à long terme. Je crois qu'on doit être assez prudent dans cette histoire.

Permettez-moi de prendre un exemple. La Suisse s'est prononcée pour l'indépendance du Kosovo, selon moi avec une certaine imprudence. Pour quelles raisons ne se prononce-t-on pas, par exemple, pour l'indépendance du Tibet? Là aussi, on ne le fait pas, parce que les considérations relatives aux intérêts en jeu prennent le pas sur les considérations en rapport avec les valeurs. Donc, le constat, c'est qu'on est en présence d'un rapport de puissances et qu'on n'a rien d'autre à faire que de s'y plier.

Je crois que, comme parlementaire, il était de mon devoir de rappeler certaines choses.