Rennwald Jean-Claude · Nationalrat · 2007-09-18
Rennwald Jean-Claude · Nationalrat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2007-09-18
Wortprotokoll
Il y a au fond deux manières d'aborder ce débat, qui ne sont pas d'ailleurs totalement contradictoires. Il y a une approche que je qualifierai de technico-juridique, qui consiste à s'interroger sur quelques aspects de l'assurance-maladie et des primes, et puis il y a une façon plus politique de voir les choses, en inscrivant cette initiative dans une réflexion plus profonde et dans une perspective historique. J'ai choisi la deuxième façon de voir, d'une part parce qu'au sein du groupe socialiste, il y a des collègues nettement plus qualifiés que moi sur les questions de santé, et d'autre part parce que, sur le plan politique, il est temps de dire un certain nombre de choses.
En effet, cette initiative est l'expression même de la rhétorique permanente de l'UDC, une rhétorique qui vise à faire croire que l'UDC est le parti des personnes de condition modeste, des retraités, des petites gens. Et parfois, ça marche, malheureusement! Mais la vérité est bien plus profonde. La vérité, c'est que l'UDC a certes une certaine assise populaire, mais qu'elle est avant tout le parti qui défend les intérêts des couches les plus fortunées de la population, des millionnaires et des milliardaires, dont l'un d'eux siège au Conseil fédéral. Et l'initiative de l'UDC que nous examinons aujourd'hui s'inscrit parfaitement dans cette stratégie, car ce que veut fondamentalement l'UDC, ce n'est pas la baisse du montant des primes d'assurance-maladie, mais une réduction massive des prestations de l'assurance obligatoire des soins, ainsi que la revalorisation des assurances complémentaires. Autrement dit, l'acceptation de cette initiative aurait des conséquences dramatiques pour les personnes à petit et à moyen revenu, qui aujourd'hui déjà peinent à payer leurs primes.
Cette initiative révèle ainsi ce que j'appelle la vraie nature de classe de l'UDC qui à mon sens, Monsieur le conseiller fédéral, n'est pas un parti fasciste, mais un parti national-populiste à direction bourgeoise, proche du sarkozysme, et encore plus du berlusconisme. Et l'UDC applique cette stratégie dans tous les domaines de la protection sociale, avec ses attaques multiples contre l'assurance-invalidité, contre l'assurance-vieillesse et survivants, contre l'assurance-chômage. Chaque fois, ce sont les handicapés, les retraités, les chômeurs, les malades qui seraient les principaux responsables de la situation financière difficile de nos assurances sociales, ou du moins d'un certain nombre d'entre elles. Ce serait la responsabilité de ceux qui "commettent des abus".
Et cela, comme s'il n'existait pas une réalité collective, celle des inégalités sociales, de l'augmentation des cadences, du stress et de la volonté du patronat, ou du moins d'une partie d'entre lui, d'avoir à sa disposition une main-d'oeuvre toujours plus flexible, comme dans le secteur de la construction. Tout cela m'invite évidemment à rejeter cette initiative.
Mais comme je peux aussi être constructif, j'ajoute une note positive. Je reste, malgré notre échec, un partisan des primes fixées en fonction du revenu ou du moins de la capacité économique des assurés. Mais il existe aussi des solutions très pragmatiques pour répondre à cette question des coûts et du financement de l'assurance-maladie. Je suis aujourd'hui très fier de vous dire que notre syndicat Unia a reconduit, à partir du 1er janvier dernier, la convention collective de travail de l'horlogerie, avec notamment une participation patronale aux primes d'assurance-maladie de 130 francs pour les travailleurs et de 60 francs pour les enfants. Je crois que l'on pourrait aussi réfléchir à l'extension de ce système à d'autres branches, voire à l'ensemble de l'économie.
Pour terminer, j'aimerais souligner, et c'est tout à fait intéressant, que depuis quelques semaines, la Convention patronale de l'industrie horlogère suisse est présidée par une représentante de l'UDC, Madame Elisabeth Zölch. Il est vrai que Madame Zölch appartient à l'aile bernoise de l'UDC et que, malheureusement, cette aile n'est plus très présente dans la salle!