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Recordon Luc · Nationalrat · 2007-09-19

Recordon Luc · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2007-09-19

Wortprotokoll

Les médecines dont nous parlons sont complémentaires. Cela signifie qu'elles ne sont pas destinées à remplacer, à concurrencer la médecine traditionnelle, la médecine classique; ce ne sont pas des médecines substitutives, en tout cas pas de façon générale. Mais ce ne sont pas non plus des médecines annexes. Elles sont utiles et efficaces pour combler des lacunes de la médecine classique, cela a été dit de manière plus ou moins sincère à cette tribune par la plupart des orateurs, qu'ils soient pour ou contre l'initiative populaire que nous examinons.

En effet, un minimum d'esprit scientifique et cartésien voudrait bannir, devrait nous conduire à bannir l'idée que les médecines dites complémentaires relèvent du chamanisme ou du charlatanisme, chamanisme qui, d'ailleurs, recèle un certain nombre de procédés de qualité que l'on ne s'est pas privé de copier et d'intégrer, petit à petit, au fil du temps à la médecine classique. Faut-il rappeler ici le pillage assez systématique de la pharmacopée vernaculaire, notamment en Afrique, par des scientifiques et pharmacologues de haut vol, et maintenant par nos universités ou notre industrie pharmaceutique? C'est une sorte d'hommage rendu par la science dure et moderne aux connaissances traditionnelles. Et il est parfaitement logique, par esprit scientifique et cartésien, de considérer cette évidence: la médecine ne saurait tout comprendre, tout expliquer et tout maîtriser. On le sait depuis Prométhée, on a eu un peu tendance, dans l'esprit positiviste, à l'oublier!

Ainsi donc, il est parfaitement naturel qu'à côté des traitements remarquables et toujours en progrès qui nous sont offerts par nos médecins traditionnels, nous ayons recours à des médecines complémentaires, surtout à cinq méthodes bien précises, déterminées et éprouvées, qui jusqu'ici, d'ailleurs, faisaient l'objet d'un remboursement par l'assurance de base. Car, en définitive, ce qui est en jeu, c'est plus la méthode hypocrite et conformiste, voire bien-pensante, qui consiste à dire: "Ces méthodes sont excellentes, seulement on ne va pas les rembourser." Cela viole le principe de non-contradiction. C'est, d'une certaine manière, contraire à notre système légal de l'économicité, puisque - nombre l'ont rappelé ici et à juste titre - les patients qui renonceraient, pour des raisons de coûts - et ils seront nombreux, c'est là le problème -, à recourir aux médecines complémentaires, viendront grossir les rangs de ceux qui utilisent des traitements plus coûteux, en définitive, dans les domaines où la médecine que nous connaissons, et que pratiquent nos hôpitaux classiquement; et malheureusement inefficaces: c'est en particulier le cas pour nombre d'affections chroniques.

Dans cette logique-là, ce n'est pas seulement pour offrir le choix de méthodes éprouvées, c'est aussi pour respecter le principe d'économicité qu'il faut recommander au peuple et aux cantons d'accepter l'initiative et revenir au remboursement par l'assurance de base.

Enfin, je romprai une lance pour le discernement de nos médecins qui, lorsqu'ils sont convenablement formés à la médecine classique et à ses compléments, sont capables d'orienter intelligemment au cas par cas le patient vers un type de traitement ou vers l'autre. Puisse cette initiative conduire à une complémentarité réelle, qui soit vécue aussi au niveau académique, sur le plan de la formation et de la [PAGE 1253] recherche. Car, chaque fois que cela est possible, il convient de valider selon les principes scientifiques les résultats des médecines complémentaires.

Je vous invite à recommander au peuple et aux cantons d'accepter l'initiative.