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Rossini Stéphane · Nationalrat · 2007-09-19

Rossini Stéphane · Nationalrat · Wallis · Sozialdemokratische Fraktion · 2007-09-19

Wortprotokoll

Outre le strict contenu de l'initiative populaire "Oui aux médecines complémentaires", la discussion politique a le mérite de nous permettre d'appréhender diverses problématiques qui marquent de leur empreinte le débat sur le système de santé, et plus particulièrement le débat sur l'assurance-maladie. Parmi ces thèmes, et pour compléter les propos des intervenantes de mon groupe, je souhaite relever trois points particuliers.

Le premier point est celui de la dimension du catalogue de l'assurance obligatoire des soins: est-il trop vaste? Est-il extensible? Si oui, jusqu'où? Provoque-t-il le gaspillage? Est-il un frein à la rationalisation?

Malheureusement, pour répondre à ces questions, nous traitons cette problématique en partant d'un a priori qui biaise totalement la réflexion. Cet a priori, c'est que, dans ce pays, tous les assurés consomment toutes les prestations du catalogue de l'assurance obligatoire des soins. Cette consommation de tout par tous expliquerait d'une part l'explosion des coûts, et d'autre part l'impossibilité de les maîtriser.

Cet a priori est totalement faux. Enrichir ou diminuer un peu le catalogue de l'assurance obligatoire des soins ne résoudra quasiment rien du tout. Il est faux d'appréhender la problématique de la quantité des prestations sous cet angle. Il s'agit ici d'une question de justice sociale et d'équité. Si une personne a besoin d'une seule prestation et que celle-ci ne figure pas dans le catalogue des prestations, c'est une situation injuste et inéquitable. Mettre l'accent sur la problématique du catalogue est réducteur, nous l'avons entendu hier lors du débat sur l'initiative populaire de l'UDC "pour la baisse des primes de l'assurance-maladie dans l'assurance de base". Cette erreur fausse aussi le débat à propos des médecines complémentaires.

Le deuxième élément que j'aimerais mettre en avant, c'est celui du processus de décision concernant le catalogue de l'assurance obligatoire des soins. Il doit être rigoureux, transparent et, surtout, il doit faire l'objet d'un débat démocratique. Définir les prestations du catalogue de l'assurance obligatoire des soins n'est ni un acte administratif ni un acte politique d'autorité. De plus, ce n'est pas simplement une question quantitative, une question de nature financière. Les soins sont une problématique complexe. Ils s'inscrivent en relation immédiate avec la complexité des personnes bien évidemment, mais aussi des traitements. Par conséquent, la discussion politique autour du nombre et du type de prestations doit prendre pleinement place au sein de ce contexte général. L'insatisfaction qui a résulté du retrait des cinq médecines complémentaires a été le révélateur de l'inadéquation de ce processus.

Troisièmement, je souligne que l'opposition entre médecine complémentaire et médecine scientifique est réductrice. Elle ne s'inscrit pas dans une dynamique positive, encore moins constructive. Dans son message, le Conseil fédéral reconnaît la complémentarité des approches, mais refuse de privilégier les médecines complémentaires. En même temps, il affirme que les médecines complémentaires ne sont pas indispensables à un système de santé publique de qualité. C'est donc, contrairement à ce qu'il souhaite faire et à ce qu'il prétend, placer les médecines complémentaires en position d'infériorité, et cela n'est pas satisfaisant.

Cet état d'esprit, qui alimente le climat autour des médecines complémentaires, entretient aussi un climat de suspicion, d'inutilité, voire de gaspillage. Or, la réalité est tout autre: réaliser les conditions d'une bonne prise en charge des souffrances suppose la diversité des pratiques, ainsi qu'un esprit d'ouverture.

Je vous invite donc à soutenir cette initiative populaire.