John-Calame Francine · Nationalrat · 2007-09-19
John-Calame Francine · Nationalrat · Neuenburg · Grüne Fraktion · 2007-09-19
Wortprotokoll
Les Verts ont toujours soutenu les médecines complémentaires, car ils se sont toujours engagés pour une médecine garante de qualité, quelle que soit la thérapie choisie par le patient. Il est d'ailleurs piquant de relever que les partis qui se sont toujours faits les chantres du libéralisme et de l'économie de marché, sont aussi ceux qui combattent le plus férocement le libre choix de la pratique thérapeutique par le patient. Leurs intérêts financiers sont-ils si importants qu'ils se sentent en danger lorsqu'il s'agit de mettre en concurrence la médecine allopathique et les médecines alternatives? Est-ce que les lobbys médicaux et pharmaceutiques craignent de perdre des parts de marché?
Certes, les médecines alternatives ou complémentaires s'adressent à une population qui souhaite se maintenir en bonne santé par des mesures de prévention et une bonne hygiène de vie et qui, en cas de maladie, souhaite éviter autant que possible les effets secondaires des traitements prescrits par les médecins traditionnels. C'est aussi parfois pour éviter des résistances désastreuses aux antibiotiques que certains patients choisissent ce genre de soins. Dans ces conditions, est-il raisonnable de décourager les personnes qui adoptent un tel comportement en les obligeant à contracter une assurance complémentaire?
Les Verts ont pris parti et ils défendent les personnes qui veulent pouvoir décider de leur mode de vie et de la médecine qui leur convient indépendamment des lobbys économiques. Ici aussi, il s'agit de responsabiliser l'individu. Les médecins qui pratiquent les médecines alternatives associent bien davantage les patients au traitement et les incitent à être ou à devenir des acteurs de leur santé, contrairement aux médecins traditionnels qui, même s'ils le souhaitent, ont rarement le temps pour proposer cette démarche d'approche globale et de responsabilisation.
C'est d'ailleurs bien pour cela que de nombreux patients deviennent des consommateurs de soins. Ils sont ainsi en parfaite adéquation avec l'économie de marché, mais malheureusement dans un monopole précieusement gardé par la médecine classique. D'ailleurs, on peut relever l'ambiguïté du discours des politiques qui prétendent que notre système de santé coûte cher, alors que ce n'est pas la santé qui coûte cher mais bien les soins. Un corps médical qui tenterait de maintenir la population en bonne santé par une politique de prévention efficace, telle que la pratiquent davantage les pays asiatiques - qui ont pour la plupart d'entre eux une espérance de vie égale voire supérieure à la nôtre -, serait donc tout bénéfice pour notre économie.
Malheureusement, telle n'est pas l'approche du Conseil fédéral, ni celle de la commission. Pourtant un tel changement de paradigme serait incroyablement efficace pour endiguer, voire diminuer, les coûts des soins qui explosent dans nos sociétés occidentales. Si on en venait à sanctionner les médecins qui n'arrivent pas à nous maintenir en bonne santé, ce serait un vrai bouleversement; mais aussi quelles économies dans les budgets sanitaires et quel changement de vie!
Dans les faits, les Verts ne sont pas aussi extrémistes, mais ils souhaitent que chaque personne puisse choisir la médecine qui lui convient. Il est donc indispensable que les médecines complémentaires figurent dans le catalogue des prestations remboursées par l'assurance de base afin que ces thérapies soient accessibles à chacun indépendamment de son revenu.
Je vous invite donc à proposer d'accepter cette initiative populaire.