Savary Géraldine · Nationalrat · 2007-09-26
Savary Géraldine · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2007-09-26
Wortprotokoll
Au nom du groupe socialiste, je vous demande de soutenir cette proposition de compromis de la majorité de la commission.
Nous ne nous y résignons pas de gaieté de coeur, vous l'imaginez bien, puisque le Conseil national a souhaité, lors de la précédente session, manifester sa volonté de défendre dans la loi sur les langues un enseignement tourné prioritairement vers les langues nationales. Mais il est vrai que l'opposition assez déterminée, dirons-nous, du Conseil des Etats, celle tout aussi farouche des cantons, nous obligent à trouver une solution de compromis, et c'est pour cette raison que nous avons décidé d'accepter la proposition qui correspond à l'accord intercantonal Harmos.
Qu'est-ce qu'il y a dans ce projet des cantons, accepté au printemps dernier? Il y a un apprentissage des langues étrangères pendant la scolarité obligatoire, un apprentissage précoce. Peu importe l'ordre ou la priorité qu'on donne à l'apprentissage de l'une ou l'autre langue, l'important est que les compétences soient équivalentes au terme de la scolarité obligatoire. Cela nous paraît être une solution acceptable, qui a été discutée au sein de la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l'instruction publique, et nous nous y rallions.
Alors, si le groupe socialiste soutient l'inscription dans la loi sur les langues d'un article qui s'attache à l'apprentissage des langues étrangères à l'école, c'est premièrement parce qu'il considère que l'apprentissage des langues est une question de politique nationale. Nous ne devons pas laisser les enseignants, les élèves, les parents, ou même les cantons seuls devant cette question. Au contraire, c'est une question d'intérêt national, cela touche la cohésion sociale et, à ce titre, la loi sur les langues est l'écrin parfait pour abriter la question de l'apprentissage des langues nationales.
La deuxième raison qui nous pousse à accepter ce compromis, c'est que le dossier des langues peut encore évoluer - vous avez vu comme la question de l'apprentissage des langues à l'école a évolué entre 2000 et 2007; il est possible qu'il évolue plus encore, par exemple dans le sens d'une exclusion progressive des langues nationales pendant le cursus obligatoire. Cela nous inquiète, cela nous fait peur et, à ce titre, dans une action préventive, cet article est important pour dire: "La Confédération et le Parlement souhaitent quand même que les langues nationales soient enseignées pendant la scolarité obligatoire."
Voilà les deux raisons principales de notre soutien au compromis et je vous demande donc de refuser tant la proposition de la minorité II (Graf Maya), qui est fort sympathique et pour laquelle j'ai de la compréhension, que la proposition de la minorité I (Studer Heiner).
Je vous demande de soutenir la proposition de la majorité de la commission.