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Marty Dick · Ständerat · 2000-09-28

Marty Dick · Ständerat · Tessin · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2000-09-28

Wortprotokoll

La Suisse a l'ambition de faire de l'affirmation de la primauté des droits de l'homme un des points essentiels de sa politique étrangère. Je crois qu'on ne peut qu'être satisfait de ce choix, qui est cohérent avec la tradition humanitaire de notre pays depuis la création de la Croix-Rouge internationale et en raison du rôle de la Genève internationale.

Je crois qu'on peut saisir cette occasion pour exprimer non seulement nos remerciements, mais aussi notre reconnaissance à toutes les Suissesses et à tous les Suisses qui sont actifs en Suisse et dans le monde pour l'affirmation des droits de l'homme. On a parlé des institutions internationales: nos ambassadeurs, les fonctionnaires, la Division des droits de l'homme du Conseil de l'Europe, qui est dirigée par un Suisse, la Cour européenne des droits de l'homme, qui est aussi dirigée par un Suisse, et je pense également aux très nombreux jeunes délégués de la Croix-Rouge internationale, qui s'engagent d'une façon admirable pour affirmer la dignité de l'homme.

Satisfaction: oui, mais aussi, Monsieur le Conseiller fédéral, un certain malaise, parce que le choix, l'option de la primauté des droits de l'homme exige un engagement qui n'est pas toujours très facile, et exige surtout une cohérence. Il faut bien reconnaître que cette cohérence n'est pas toujours donnée. Permettez-moi de faire seulement quelques exemples. Quand M. Jiang Zemin est venu à Berne et que des Tibétains ont fait une démonstration, nous étions très mal à l'aise.

Le tapis rouge pour M. Jiang Zemin, les honneurs à M. Jiang Zemin et une certaine mauvaise humeur pour ces Tibétains qui manifestaient en faveur de leur pays. En fait, notre place aurait été avec les manifestants, car ce que fait la Chine au Tibet, ce qu'a fait la Chine de Jiang Zemin sur la place Tienanmen, c'est une grossière et inacceptable violation des droits de l'homme.

Alors que notre président de la Confédération visite la Chine de Jiang Zemin, nous participons au boycott de la Yougoslavie. Nous avons même, en quelque sorte, entériné le bombardement de la Yougoslavie en nous mettant la conscience en ordre en disant que c'était des bombardements propres, on parlait de "chirurgie" dans le bombardement. Nous savons qu'une fois de plus, nous avons été victimes de l'intoxication de la CNN. Ces bombardements n'étaient pas chirurgicaux et ces bombes n'étaient pas propres. Aujourd'hui encore, la population souffre des conséquences de l'uranium qu'il y avait dans ces bombes.

Alors que nous pensons que nous devons ménager la Russie, nonobstant les violations absolument inacceptables qu'elle commet en Tchétchénie, nous participons au boycott de l'Irak, un boycott - et maintenant de plus en plus les spécialistes parlent - qui fait souffrir la population et qui ne fait rien d'autre que de renforcer le régime de Saddam Hussein, boycott qui a maintenu Fidel Castro au gouvernement depuis plus de quarante ans.

Je sais que ce n'est pas facile; mais je crois que nous devons saisir l'occasion de ce débat pour dire que l'affirmation de la primauté des droits de l'homme ne doit pas être un "optional", ne doit pas être une valeur subordonnée à n'importe quel autre intérêt économique. Je crois que, hélas, nous sommes souvent contraints de sacrifier la primauté des droits de l'homme à des intérêts économiques. Je ne crois pas que ça soit un excellent investissement pour l'avenir.

Une fois de plus, je voulais simplement mettre en exergue cette nécessité de cohérence, étant parfaitement conscient de la difficulté de trouver un équilibre acceptable. Mais l'affirmation de la primauté des droits de l'homme ne peut et ne doit pas être une solution de facilité.

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