Rennwald Jean-Claude · Nationalrat · 2007-10-05
Rennwald Jean-Claude · Nationalrat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2007-10-05
Wortprotokoll
Je considère qu'il est tout à fait symbolique que le dernier débat de la législature soit consacré à nos relations avec l'ONU et les organisations internationales ayant leur siège en Suisse. En effet, cela montre que notre pays a encore une fenêtre ouverte sur le monde et que cette ouverture ne doit cesser de s'élargir.
Au nom de la commission, j'aimerais saluer le rapport qui nous est soumis par le Conseil fédéral, car ce document est d'une bonne facture et il montre que la Suisse, malgré sa petite taille, a la capacité de faire entendre sa voix sur la scène internationale. Sans passer évidemment en revue tout ce rapport, j'aimerais mettre en évidence quelques points.
La première réflexion, c'est que, dans ce domaine comme dans bien d'autres, rien n'est jamais acquis définitivement. Siège européen des Nations Unies, Genève doit en effet affronter une concurrence internationale très vive. Dans ce domaine, notre pays doit tout faire pour aider Genève à préserver son statut, car, en l'espèce, ce qui est bon pour Genève est bon pour la Suisse, et cela prend d'autant plus de poids lorsque cela sort de la bouche d'un Jurassien.
La Genève internationale contribue au rayonnement politique de la Suisse dans le monde, mais elle contribue aussi à notre richesse économique, puisque ce sont plusieurs dizaines de milliers de personnes qui travaillent dans les différentes institutions situées à Genève et que les dépenses engagées en Suisse par les organisations internationales avec accord de siège sont estimées à 4,5 milliards de francs. Je me suis livré hier soir à un petit calcul et je trouve cela tout à fait intéressant: ces 4,5 milliards de francs correspondent grosso modo au tiers des exportations horlogères de notre pays, ce qui n'est tout de même pas rien.
La deuxième considération, c'est que la concurrence est aussi vive pour ce qui touche aux nominations de Suisses dans le système des Nations Unies. A ce propos, j'aimerais citer un passage du rapport du Conseil fédéral (ch. 4.4): "La Suisse a de plus en plus de difficulté à placer ses candidats à des fonctions de direction dans les secrétariats ou bureaux exécutifs des institutions spécialisées, des programmes et des fonds de l'ONU. Seule une action menée en accord avec des Etats partageant les mêmes valeurs se combinant avec les compétences propres des candidats peut encore parfois conduire au succès, dans des domaines spécialisés qui sont prioritaires pour la Suisse." Je me permets à ce propos un bref commentaire, car s'il est vrai qu'on peut nouer des alliances avec des pays ayant les mêmes valeurs, on peut aussi se demander si certains projets ou si certaines candidatures n'auraient pas plus de chance d'aboutir si notre pays appartenait à l'Union européenne.
Troisième et dernière considération, et là je partage totalement l'avis du Conseil fédéral qui tire un bilan positif de notre participation aux travaux de l'ONU en tant que membre de plein droit de l'organisation. Je cite le rapport (ch. 5): "Notre expérience au sein de l'ONU a confirmé que l'organisation est un instrument supplémentaire désormais indispensable pour la défense de nos intérêts et la réalisation de nos [PAGE 1703] objectifs de politique étrangère dans les domaines de la paix, de la sécurité, de la promotion des droits de l'homme et de l'état de droit, du développement durable, de la conservation des ressources naturelles et de l'aide humanitaire. Depuis 2002, date de son adhésion, la Suisse dispose d'une nouvelle marge de manoeuvre au sein des Nations Unies." Je crois que ce bilan est tout à fait correct et donne bien sûr raison à ceux qui, en leur temps, ont voulu adhérer à cette organisation.
En conclusion, je vous demande, au nom de la commission, de prendre acte de ce rapport, qui témoigne de la double nécessité d'un engagement soutenu de la Suisse dans les affaires du monde, et plus spécialement dans le système des Nations Unies.