John-Calame Francine · Nationalrat · 2007-10-05
John-Calame Francine · Nationalrat · Neuenburg · Grüne Fraktion · 2007-10-05
Wortprotokoll
Cela fait cinq ans que la Suisse est membre de l'Organisation des Nations Unies et l'activité que ses diplomates y déploient est intense. En octobre de l'année dernière, l'Assemblée générale de l'ONU a nommé le ministre sud-coréen des affaires étrangères, Monsieur Ban Ki-moon, au poste de secrétaire général. Il a pris ses fonctions le 1er janvier de cette année. Le groupe des Verts salue le fait que le successeur de Monsieur Kofi Annan ait aussi à coeur de concrétiser les Objectifs du Millénaire pour le développement en s'impliquant pour responsabiliser davantage les entreprises et en les invitant à s'associer dans la mise en oeuvre des standards des Nations Unies en matière sociale, environnementale et de droits de l'homme.
Les réformes des organes en charge de la paix et des droits de l'homme doivent être consolidées et leur fonctionnement doit être amélioré pour qu'ils fassent la preuve de leur plus-value. C'est notamment le cas du nouveau Conseil des droits de l'homme et de la Commission de la promotion de la paix dans lesquels la Suisse s'investit beaucoup, mais ces organes doivent encore prouver leur crédibilité et leur efficacité. Ainsi, les intentions et les discours, aussi louables soient-ils, peinent à se réaliser faute d'une entente suffisante au niveau intergouvernemental. Nous l'avons encore vu tout récemment lors des manifestations en Birmanie qui ont opposé les moines et la population à la junte militaire. Malgré l'urgence de la situation, les Nations Unies ont peiné à prendre des décisions pour envoyer un émissaire dans ce pays déchiré afin de négocier au sujet de la protection de la population civile.
Une autre responsabilité du nouveau Conseil des droits de l'homme consiste en l'évaluation périodique des Etats membres des Nations Unies quant au respect de leurs obligations en matière de droits humains. Il est encore trop tôt pour juger des actions que mène cet organe, car il n'est pas opérationnel depuis suffisamment longtemps. Mais nous resterons attentifs à son évolution.
La Suisse doit s'investir davantage dans les problèmes liés aux migrations, sujet d'actualité s'il en est, principalement lié à l'extrême pauvreté et à la désertification toujours plus importante de certaines régions du globe qui subissent, plus que d'autres, les effets du réchauffement climatique.
Le respect des droits humains ne peut s'implanter que dans des pays pacifiés, dans lesquels la population peut avoir des projets en vue d'une certaine autonomie économique. Le travail reste donc immense pour atteindre de tels objectifs. Seule une aide au développement massive permettra d'endiguer le flux des personnes qui cherchent un avenir meilleur dans les pays occidentaux. Les Verts pensent que la Suisse peut jouer un rôle majeur dans ce dossier difficile grâce à ses relations internationales privilégiées et pour autant qu'elle tienne ses engagements et augmente sa quote-part d'aide au développement à 0,7 pour cent de son produit intérieur brut.
Les problèmes liés au terrorisme sont toujours d'une grande actualité et risquent malheureusement de le rester encore longtemps. Tant que les pays occidentaux continueront à nier les droits fondamentaux de certaines catégories de population, ou tant que nous nous ferons complices des décisions de certaines grandes puissances, nous contribuerons à alimenter les réseaux terroristes. Notre collaboration et notre engagement en faveur des populations défavorisées restent nos meilleures actions de prévention dans ce domaine.
Ce n'est pas une vue angélique que nous souhaitons vous faire partager, mais bien une prise de conscience que les humiliations, la non-reconnaissance du droit à une existence digne renforcent le sentiment d'exclusion qui peut conduire à des actes insensés comme les attentats suicides. Certaines populations ont besoin de la reconnaissance de la communauté internationale pour envisager un avenir plus serein. Si la Suisse arrive à faire partager sa vision et continue à s'engager, elle aura gagné un grand défi et prouvé ses compétences diplomatiques en matière de résolution des conflits par la négociation plutôt que par les armes. En effet, les Verts craignent qu'une politique volontariste et interventionniste de mission d'imposition de la paix soit contre-productive et nuise à notre image, limite notre efficacité et discrédite notre politique étrangère.
En conclusion, les Verts ont pris connaissance de ce rapport et souhaitent que la Suisse continue sur sa lancée afin de mettre en place une politique dynamique et concrète pour, d'une part, faire avancer les droits humains dans le monde et pour, d'autre part, s'engager dans des actions de promotion civile de la paix, avec les moyens qui sont les siens, tels les bons offices, la médiation et la négociation, domaines dans lesquels elle excelle.