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Eggly Jacques-Simon · Nationalrat · 2007-10-05

Eggly Jacques-Simon · Nationalrat · Genf · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2007-10-05

Wortprotokoll

Ce rapport du Conseil fédéral est intéressant. Je ne dirai pas qu'il arrive à un moment historique, mais tout de même, cinq ans après l'adhésion de la Suisse à l'ONU, ce n'est pas rien! Le Conseil fédéral, au fond, nous propose une évaluation pour ce qu'il appelle une période de transition, et il fait aussi une évaluation de l'efficacité, d'une part, de l'ONU, et, d'autre part, de la contribution suisse à l'ONU.

Nous apprécions, Madame la présidente de la Confédération, que le Conseil fédéral mette l'accent sur la nécessité d'une meilleure coordination et d'une meilleure cohérence entre tous les organes et toutes les actions de l'ONU. Un des grands titres de gloire du Conseil fédéral, c'est la création du Conseil des droits de l'homme. Ce conseil a connu, si je puis dire, une résurrection après tous les déboires qu'avait essuyés la commission qui l'a précédé. Nous saluons les efforts du Conseil fédéral pour que le Conseil des droits de l'homme soit plus efficace, qu'il mette en branle le mécanisme de contrôle auquel il a dit attacher tellement d'importance. Nous avons le sentiment que rien n'est encore tout à fait démontré à cet égard, que, bien sûr, on trouve le mouvement en marchant, mais qu'il faudra, dans les années qui viennent, voir un peu où l'on en est.

En ce qui concerne la Commission de consolidation de la paix, nous sommes très heureux de voir que la Suisse veut apporter sa contribution, qu'elle est attachée au principe extrêmement important comme quoi il faut agir dans le cadre de la prévention et de la consolidation de la paix. A cet [PAGE 1705] égard, je pense d'ailleurs que l'envoi de soldats suisses afin de promouvoir la paix est extrêmement important et que cela fait partie de notre politique de sécurité. Nous pensons qu'au titre de la prévention, tous les efforts déployés par la Suisse dans le cadre du multilatéralisme, de l'ONU, en faveur du développement durable et pour la démocratisation non seulement des pays, mais aussi des forces armées, sont importants. Imaginez que nous puissions un jour assister à une démocratisation des forces armées en Birmanie, ce serait quand même pas mal! Voilà une justification par exemple pour le Centre pour le contrôle démocratique des forces armées qui est à Genève.

Maintenant, Madame la présidente de la Confédération, vous le savez, le groupe radical-libéral n'est pas tout à fait d'accord avec votre engagement de principe pour une candidature de la Suisse au Conseil de sécurité. Il est vrai, et vous avez raison sur ce point, que dès lors que la Suisse paye quelque 60 millions de francs pour la promotion de la paix, on aimerait que les rapports du Conseil de sécurité au sujet des opérations politiques nous soient communiqués, que nous ayons notre mot à dire. Il nous semble que, dans une phase intermédiaire en tout cas, l'"élargissement" des affaires à un cercle plus large que le Conseil de sécurité, c'est-à-dire intégrant des pays concernés par ce qui s'y passe, serait une piste plus intéressante et que cela pourrait rapporter davantage qu'une candidature de la Suisse au Conseil de sécurité, qui, de toute façon, ne pourrait devenir réalité que d'ici pas mal de temps.

La question de la réforme du Conseil de sécurité est évidemment posée. Mais, Madame la présidente de la Confédération, je crois d'ailleurs l'avoir lu, je pense que vous êtes bien d'accord qu'un véritable élargissement du Conseil de sécurité, si on y faisait entrer trop de nouveaux membres, ne serait pas une garantie d'efficacité future. Imaginez que le Conseil fédéral, au lieu d'être composé de sept membres, soit soudain composé de quinze membres! Pensez-vous que l'harmonie et la concorde, dont nous parlons beaucoup ces jours-ci, y gagneraient? Je pense qu'il faut trouver des solutions intermédiaires.

Vous me permettrez, puisque c'est ma dernière intervention de cette législature, mais aussi en fait de ma carrière parlementaire, d'aborder la question de la Genève internationale. Il me plaît évidemment de pouvoir, dans cette dernière intervention, dire à quel point je suis heureux que le Conseil fédéral insiste à ce point sur le rôle de Genève et des organisations internationales, mais aussi, chers collègues du groupe UDC, nous en avons parlé à la Commission de politique extérieure, sur le rôle des organisations gouvernementales et non gouvernementales, bref sur tout l'ensemble qui constitue la Genève internationale. Je suis heureux que le Conseil fédéral en ait pleine conscience et fasse absolument tout ce qu'il faut pour que la Genève internationale vive.

L'esprit de Genève, ce n'est pas seulement l'esprit de Genève, c'est l'esprit de la Suisse. Genève est certes une cité internationale, mais elle est l'un des coeurs de la Suisse. Et elle est un des coeurs de la Suisse aussi bien qu'Uri, que Schwytz, qu'Unterwald, que Zurich. Nous avons de la chance d'avoir Uri, Schwytz, Unterwald et Zurich, mais nous avons aussi de la chance d'avoir Genève. Je crois qu'il faut de plus en plus que nous considérions que ce qui se fait et ce qui se passe à Genève, eh bien, c'est au coeur de la politique suisse. Et je ne saurais trop vous inviter à vous engager pour que dans les années qui viennent, la Genève internationale au service de la politique étrangère suisse, au service de la Suisse soit soutenue, renforcée, accompagnée de toute votre volonté et de tout votre coeur. (Applaudissements partiels)