Rime Jean-François · Nationalrat · 2007-12-06
Rime Jean-François · Nationalrat · Freiburg · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2007-12-06
Wortprotokoll
Je dois tout d'abord vous faire part de mes liens d'intérêts: je suis vice-président de l'Industrie du bois Suisse et propriétaire d'une scierie à Bulle.
Même si elle n'est pas dans la salle, j'aimerais répondre à une remarque de Madame John-Calame qui a dit dans son intervention qu'elle souhaitait que la forêt et l'industrie du bois soient subventionnées. J'aimerais préciser que l'industrie du bois ne veut en aucun cas être subventionnée; la forêt doit être financée pour sa fonction de protection. Par contre, nous demandons naturellement à la Confédération et à [PAGE 1828] vous, Monsieur le conseiller fédéral Leuenberger, d'avoir des conditions-cadres qui nous permettent de lutter à armes égales avec nos concurrents étrangers, notamment dans le domaine du transport.
Concernant la révision de la loi sur les forêts et l'initiative populaire "Sauver la forêt suisse", nous considérons qu'il est important que les trois fonctions de la forêt aient le même poids, c'est-à-dire la fonction de protection - qui est incontestée -, la fonction de production et la fonction sociale.
La fonction de production, je vous le rappelle, est la seule qui apporte de l'argent dans les caisses des propriétaires forestiers, qu'ils soient publics ou privés, et elle est aussi celle qui permettra, mes chers collègues des Verts et des Verts libéraux, d'atteindre les objectifs ambitieux que vous vous fixez dans le domaine des énergies renouvelables.
Je crois que si l'on veut vraiment utiliser cette matière première - qui est une des seules matières premières dont on dispose dans le pays - il faut qu'on ait une loi sur les forêts - et c'est le cas aujourd'hui - qui permette à la fonction de production d'être exercée dans les meilleures conditions possibles.
Il est également important que nous disposions de chiffres concrets et précis. Suite à l'Inventaire forestier national 1 (IFN1) de 1985 et à l'Inventaire forestier national 2 (IFN2) de 1995, on a toujours prétendu que la forêt suisse était très largement sous-exploitée. C'est probablement faux. On fait toujours une vue aérienne depuis 10 000 mètres d'altitude et on dit dans l'ensemble que la forêt est sous-exploitée. Ceci est juste. Mais tous les assortiments, feuillus, résineux, bois de service, bois d'énergie n'ont pas la même importance et les grandes réserves de bois se trouvent principalement dans les Alpes, on le sait, et ces forêts sont mal desservies et les coûts d'exploitation ne permettent pas de rentabiliser ce travail.
Le Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication a publié les premiers chiffres du troisième inventaire forestier national au mois de novembre dernier. Je l'en remercie. J'avais d'ailleurs déposé une interpellation à ce sujet il y a une année et demie, et je crois qu'il est absolument indispensable que nous ayons une connaissance la plus fine possible des réels potentiels de la forêt suivant les régions et les assortiments. On a appris par exemple, sans surprise pour moi, que les peuplements d'épicéas étaient en très forte diminution sur le plateau suisse et que, dans ce secteur, on avait même aujourd'hui une très forte surexploitation.
Concernant l'initiative populaire "Sauver la forêt suisse", Monsieur le conseiller fédéral Leuenberger, vous étiez un jeune parlementaire il y a 24 ans, lorsqu'on parlait abondamment de la mort des forêts. Vous avez certainement suivi ces débats avec attention. Je ne sais pas si vous aviez déjà prévu d'être ministre de l'environnement à cette époque - probablement, comme je vous connais. Je pense, pour ma part, que la forêt suisse n'a pas besoin d'être sauvée aujourd'hui. On a une loi sur les forêts - cela a été dit plusieurs fois par les représentants de tous les partis - qui est bonne. Elle a été révisée, sauf erreur, en 1991, et les modifications proposées aujourd'hui sont quasiment inutiles et probablement que la plupart des modifications peuvent être traitées dans le cadre d'ordonnances qui sont de la compétence du Conseil fédéral.
Je crois que l'on a une unanimité à peu près parfaite sur ce sujet. Il est donc inutile que je prolonge mon intervention. Je vous encourage donc à ne pas entrer en matière sur la révision de la loi, et bien sûr, pour être conséquent, à rejeter l'initiative populaire "Sauver la forêt suisse", qui est une action corporatiste des employés de la forêt, des forestiers, qui ont peur qu'une libéralisation dans les autorisations de coupes leur prenne leur travail.