AB 79865
Roth-Bernasconi Maria · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2007-12-19
Wortprotokoll
Aristote disait déjà: "Quand je regarde la jeune génération, je doute de l'avenir de la civilisation." La méfiance de la population adulte envers les jeunes ne date donc pas d'aujourd'hui. Cette méfiance conduit de nos jours à faire mousser le débat sur la violence des jeunes.
Exagérée, déformée et tartinée dans les médias, cette violence ne concerne pourtant qu'une infime minorité. En 2005, 0,2 pour cent seulement des mineurs ont été condamnés pour acte de violence et 0,3 pour mille ont écopé de sanctions lourdes.
Les études montrent que, plus que la violence des jeunes, c'est le nombre de plaintes et le sentiment d'insécurité qui augmentent. C'est là que réside, à mon avis, le vrai problème. Les médias, qui font leur miel et leur sensationnel de tout et de n'importe quel fait divers, doivent cesser d'alimenter les craintes de la population et mieux refléter le net recul de la criminalité que connaît notre pays.
De même, les politiques de tous bords qui encensent la répression pour des motifs populistes ne doivent pas oublier son complément indispensable: la prévention. Car mieux vaut prévenir que guérir, à supposer que la prison guérisse! En plus d'investir de vrais moyens pour appliquer le nouveau droit pénal des mineurs et son éventail de mesures, il nous faut offrir des perspectives à nos jeunes, tant dans le domaine souvent cité de la formation et de l'emploi qu'à la racine, dans l'enfance, en permettant aux enfants d'être encadrés et entourés, à l'extérieur de la maison, dans des structures adéquates. Je pense aux places de garderie ou, par exemple, à des classes pas trop grandes. Et, évidemment, je pense à l'encadrement dans leur famille, si possible par leurs deux parents, donc aussi par leur père, qui doit disposer de temps pour ce faire.
Du congé-paternité au développement du travail à temps partiel pour les hommes, cette considération nous renvoit à la question, toujours fondamentale, de l'égalité entre les sexes. Car la violence des jeunes est aussi le produit des stéréotypes des genres: 87 pour cent des jeunes personnes violentes sont des hommes, la plupart des victimes étant des femmes.
Limiter, par une taxe "violence", la diffusion hautement lucrative des images qui placent la virilité dans l'attaque et la féminité dans la soumission; soutenir des projets qui ouvrent le débat, avec les filles comme les garçons, qui cassent les clichés et posent des limites: voilà autant de pistes d'actions pour traiter le mal à sa racine et rendre à nos jeunes ce qu'ils et elles représentent, à savoir l'avenir de notre société, un avenir plein de promesses.