Maury Pasquier Liliane · Nationalrat · 2007-06-14
Maury Pasquier Liliane · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2007-06-14
Wortprotokoll
Vous l'avez entendu et ce n'est pas une surprise, le groupe socialiste reconnaît l'importance de soutenir les deux projets dont nous discutons aujourd'hui. Mais qui dit contribution dit également critères d'attribution et définition des priorités de l'affectation de cette contribution. La protection de l'environnement figure aussi bien dans le message sur la poursuite de la coopération avec les Etats d'Europe de l'Est et de la CEI que dans celui sur la contribution de la Suisse à l'atténuation des disparités économiques et sociales dans l'Union européenne élargie. Et j'aimerais insister ici sur la nécessité de prioriser réellement l'environnement et le développement durable dans le choix des projets sélectionnés.
De ce point de vue, il nous semble très important que les fonds suisses ne servent pas seulement à financer de grandes infrastructures parfois problématiques et dans lesquelles la visibilité de la contribution suisse serait à peu près inexistante, mais qu'ils se distinguent par une approche englobant au mieux la conservation des ressources naturelles, les intérêts des populations marginales et le renforcement de la société civile. En soutenant des ONG locales dans la mise en oeuvre de petits projets ciblés, la Suisse renforce une démocratie participative et citoyenne telle que nous la [PAGE 880] connaissons, en même temps qu'un environnement et une biodiversité indispensable à l'équilibre de notre planète. Elle bénéficie de plus d'une visibilité beaucoup plus grande qu'en soutenant des projets conjointement avec d'autres pays ou des programmes de l'Union européenne elle-même.
Or, si cette possibilité de soutenir des ONG figure bel et bien dans le message, elle est aussitôt affaiblie par la mention de créer seulement "dans certains pays" des crédits réservés aux ONG. Il y a malheureusement fort à parier que les gouvernements des pays en question ne soient pas très empressés à demander la constitution de fonds réservés aux ONG, préférant bénéficier de financements pour des projets plus spectaculaires. Dès lors, le risque existe que la société civile ne soit associée ni à la sélection des projets adressés à la Suisse par les gouvernements, ni à leur mise en oeuvre.
Lors de la campagne référendaire de l'automne dernier, les ONG suisses de protection de l'environnement se sont engagées en faveur de la contribution suisse. J'espère comme elles que le Conseil fédéral la mettra en oeuvre dans le même esprit, car les défis à relever pour un développement durable dans les pays de l'Est de l'Europe sont immenses. Que l'on pense à l'efficience énergétique, à la qualité de l'air et de l'eau, à la protection de zones particulièrement sensibles en termes de biodiversité ou à la gestion des déchets.
Je vous remercie de soutenir les propositions de la majorité de la commission.