Lexipedia

Couchepin Pascal · Bundesrat · 2008-03-13

Couchepin Pascal · Bundesrat · Wallis · 2008-03-13

Wortprotokoll

Tout a été dit et parfois même, le contraire de ce qui a été promis a été dit. Ce débat est intéressant parce qu'il montre bien qu'à la fin, on n'introduit pas innocemment un alinéa comme celui-là.

Je rappelle le concept: cette loi règle les tâches et l'organisation des musées de la Confédération et particulièrement du groupe Musée Suisse. Il est clair que la Confédération ne peut pas se débarrasser du château de Wildegg qui lui appartient. Elle en est propriétaire et elle cherchera une solution convenable avec le canton d'Argovie, si c'est possible. Si on n'en trouve pas, on décidera de ce qu'il faut faire. Mais le château de Wildegg n'appartient pas au groupe Musée Suisse parce qu'il n'a pas une importance nationale, même si le jardin abrite quelques plantes rares qui attirent pas mal de visiteurs, ce qui est une bonne chose et devrait être conservé autant que possible.

La loi dont nous débattons règle les tâches et l'organisation des musées de la Confédération; par ailleurs, l'article 9 du projet de loi sur l'encouragement de la culture permet de soutenir les musées qui ont des projets d'importance nationale. C'est à ce titre, par exemple, qu'on soutiendra le Musée des transports à Lucerne. Les choses sont simples. Ajouter, comme le souhaite la minorité, un alinéa, cela doit représenter une plus-value. S'il n'y a pas de plus-value, si c'est simplement pour dire ce qui est dit dans une autre loi, alors on se demandera un jour pourquoi on a fait cela. Le ton de la discussion le montre bien. A ceux qui s'apprêtent à adopter cette proposition de minorité en disant qu'elle n'aura pas de conséquences financières, je dis: "Allons donc!"

Si on partage un mandat de prestations avec un musée - prenons l'exemple d'un musée sur lequel je ne veux pas me prononcer mais dont on a parlé tout à l'heure, le Musée alpin -, on ne va pas dire que la Confédération donne un mandat de prestations mais se lave ensuite les mains lorsqu'il s'agit des conséquences financières. On nous dira: "Vous avez donné un mandat de prestations, il y a des obligations qui y sont liées et débrouillez-vous pour trouver les fonds nécessaires, à l'article 9 ou ailleurs, pour financer ce mandat de prestations!"

Je crois qu'il faut que les choses soient claires, et ce qu'on essaie d'introduire ici, ce n'est pas aussi innocent que le dit Monsieur Bürgi. Je serai même plus sévère que lui: cet alinéa n'est pas aussi innocent qu'il le semble. Si on l'introduit - on l'a bien vu -, c'est pour pouvoir dire qu'il y a un mandat de prestations. Ce genre de financement est réglé à l'article 9 du projet de loi sur l'encouragement de la culture, et c'est dans ce cadre que la discussion à ce sujet doit avoir lieu.

L'article 4 alinéa 1 du présent projet de loi prévoit, à la lettre f, la possibilité pour les musées et collections de la Confédération d'offrir leurs services aux autres musées et collections de Suisse. On a un article qui prévoit la possibilité d'une collaboration et d'un mandat de prestations, mais en réalité on veut davantage. Je l'ai dit à Madame Ory lors [PAGE 157] du débat d'entrée en matière: finalement, ce n'est pas un drame si vous votez la solution de la minorité Maissen, mais à la fin, vous appauvrissez et vous affaiblissez le Musée national. Or, l'une des ambitions de votre commission - que j'approuve et qui était vraiment orientée vers le futur -, c'est de faire en sorte qu'on n'ait plus des musées provinciaux qui présentent l'histoire et la culture de la Suisse. Il faut avoir un ou deux musées - et ce sont les musées nationaux - qui ont un écho international, une réputation internationale, et pour cela, il faut avoir des moyens. C'est un peu comme dans le domaine universitaire, avec les écoles polytechniques, qui ont été soutenues à cent pour cent dès le départ par la Confédération et qui ont une très grande aura internationale.

C'est la même chose ici au niveau des musées, et si on commence à introduire une disposition à chaque étape, une fois pour protéger le château de Wildegg, une autre fois pour permettre de subventionner le Musée alpin, à la fin on ne va rien faire de bon. On va avoir un Musée national anémique et puis une série de musées mécontents. Est-ce que c'est le but? Je suis pour un Musée national dynamique et non pas anémique. Certains musées ne pourront peut-être pas survivre, ou auront des difficultés, ou devront trouver d'autres solutions, mais la médiocrité qui consisterait à répandre partout nos grâces aboutira au fait que, lentement, on ne sera fier ni des musées nationaux, ni des musées régionaux, qu'on aura soutenus paisiblement, mais avec insuffisamment de moyens.

C'est pourquoi je vous invite à rejeter la proposition de la minorité Maissen, malgré la sympathie que j'ai pour elle, et à discuter de ces problèmes lorsqu'on abordera le projet de loi sur l'encouragement de la culture, en particulier son article 9.