Leuenberger Ueli · Nationalrat · 2008-06-11
Leuenberger Ueli · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2008-06-11
Wortprotokoll
Les cantons du Tessin, de Genève, de Soleure, d'Uri, d'Appenzell Rhodes-Extérieures - et depuis hier, aussi celui de Berne - nous ont montré le chemin. Rappelons-nous ce dont nous parlons: la fumée passive. 1020 personnes décèdent chaque année en Suisse parce qu'elles inhalent la fumée d'autrui. 1020 décès par an, cela équivaut à 3 enterrements par jour. La mort se présente à des personnes n'ayant jamais fumé de leur vie sous forme de cancer, d'infarctus ou d'attaque d'apoplexie. Autre fait largement inconnu, la fumée s'infiltre et se colle partout: dans les cheveux, les vêtements, les rideaux, les tapis, les meubles, les classeurs, les claviers, les boîtes à bijoux; elle nuit surtout aux personnes en s'infiltrant dans leurs muqueuses; la fumée tourbillonne sur les murs, les plafonds et les sols puis s'y dépose, avant d'aller se fixer sur d'autres surfaces. Elle a en outre une prédilection pour les poumons. Les locaux fumeurs sont une source inépuisable de toxicité.
Un fait est établi: la protection contre le tabagisme passif ne génère que des effets positifs, même au niveau économique. Un autre fait est tout aussi certain: des années durant, l'industrie suisse de la cigarette a financé des campagnes onéreuses; de cette façon, elle a réussi à empêcher la protection contre le tabagisme passif.
La maladie n'épargne pas les fumeurs passifs. Ils sont atteints de cancers du poumon ou d'autres types de cancer, de maladies cardiovasculaires comme l'angine de poitrine; ils font des infarctus et des attaques d'apoplexie; ils ont des crises d'asthme; ils souffrent de bronchite, de maux de tête chroniques et de troubles au niveau des yeux, de la cavité buccale et des muqueuses nasales. Sans protection contre le tabagisme passif, bien trop de salariés - songeons seulement au personnel de service dans le domaine de la gastronomie - ont quotidiennement rendez-vous avec la mort à cause de la fumée.
Les groupes d'intérêt issus des arts et métiers et de la gastronomie attisent une peur diffuse de la protection contre la fumée passive. Cette peur est mauvaise conseillère; elle masque les faits et nous fait oublier que la fumée passive rend malade, que les maladies qu'elle provoque coûtent très cher et que l'économie en est très affaiblie financièrement.
Dans les branches professionnelles à bas revenu et à forte rotation du personnel - dont font partie les entreprises de la gastronomie -, nombreux sont les employés qui doivent travailler dans des locaux saturés de fumée. Des enquêtes médicales montrent que les travailleurs évoluant dans le domaine professionnel de la gastronomie courent un risque plus élevé de contracter le cancer du poumon et un risque particulièrement important de contracter des maladies cardiovasculaires.
Les personnes situées en bas de l'échelle économique ont peu d'occasions de se faire entendre. Elles dépendent des parlementaires, elles ont besoin de représentants du peuple forts et responsables qui ne suivent pas les groupes de pression, mais défendent les hommes et les femmes dénués de pouvoir, notamment contre la fumée passive.
Quand il s'agit d'un poste de travail sans fumée, le plus souvent la libre décision n'existe pas. La protection de la santé concerne tout le monde, sans exception, et donc les travailleurs du secteur de l'hôtellerie et de la restauration également. La protection contre le tabagisme passif doit protéger la population et les travailleurs, tout en défendant aussi l'économie contre ce fléau. Les exceptions aussi inutiles que compliquées diluent la loi et la rendent injuste et bureaucratique.
Le groupe des Verts vous propose donc de suivre le Conseil fédéral à l'article 2 au sujet des fumoirs et du fait d'obtenir l'"accord" des travailleurs de servir dans des locaux fumeurs. Aucun travailleur ne doit être occupé dans un local fumeur. Personne ne doit renoncer à la protection de sa santé, même volontairement.
A l'article 2a relatif aux autorisations pour les établissements fumeurs, nous vous prions de suivre le Conseil des Etats, à savoir de biffer cet article. Chaque entreprise peut sans problèmes être libérée de la fumée. L'industrie ou le secteur gastronomique n'ont pas besoin de réglementations spéciales.
A l'article 2b, "Dispositions cantonales", je vous prie d'adopter l'ajout du Conseil des Etats, qui prévoit pour les cantons la possibilité d'édicter des dispositions plus strictes en matière de santé. Les cantons ne doivent pas être forcés, contre la volonté de leur population, à renoncer à des dispositions plus contraignantes.