Lexipedia

Nidegger Yves · Nationalrat · 2008-06-11

Nidegger Yves · Nationalrat · Genf · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2008-06-11

Wortprotokoll

Le Conseil fédéral a raison: "consolider la position de la Suisse dans un monde globalisé" constitue effectivement un objectif tellement important qu'il fallait l'inscrire en grosses lettres au catalogue du programme de la législature. La Suisse est exposée aux vents brutaux de la mondialisation économique, à la concurrence efficace de puissances émergeantes, à des flux migratoires massifs, au terrorisme sans frontières. Il faut faire face à cela par une politique résolue et efficace. On tombe donc d'extrêmement haut lorsque l'on compare le caractère mâle du titre à la maigreur des mesures qui sont proposées pour incarner une telle politique.

Si je résume:

1. ouvrir nos frontières et le robinet des subventions à la Roumanie et à la Bulgarie;

2. achever notre paysannerie et toute idée d'autonomie alimentaire par un traité de libre-échange agroalimentaire;

3. faire adopter deux messages du Conseil fédéral relatifs à des conventions onusiennes dans des domaines aussi touchants sur le plan humanitaire qu'ils sont éloignés de la question à traiter, puisqu'il s'agit du droit des personnes handicapées, d'une part, et la protection contre les disparitions forcées, d'autre part, sans oublier une convention des Nations Unies sur le droit de la mer et la promotion toute générale des droits de l'homme.

Permettez-moi de rester sur ma faim et d'oser une mise en garde quant au mirage de l'abus des traités multilatéraux dans le désert de notre politique nationale. On nous rebat les oreilles de la croyance - aveugle - que l'on aura plus de paix et plus de sécurité par le transfert - tout aussi aveugle - d'un maximum de compétences nationales vers des structures interétatiques: l'Union européenne ou la communauté onusienne. Le salut de l'humanité passerait par l'affaiblissement des souverainetés: en privant les Etats d'un maximum de leurs compétences, on obtiendrait - c'est garanti! - un monde plus pacifique, plus ordonné et plus sûr.

C'est là évidemment un contresens, car dans l'ordre international, dont personne ne conteste l'utilité, les structures interétatiques prennent des décisions ou adoptent des mesures dont elles sont condamnées ensuite à confier la mise en oeuvre aux seuls acteurs qui existent sur le terrain et qui sont les Etats. Personne, sinon les Etats, ne dispose des moyens d'agir.

Lorsque l'OMS aura, par exemple, sonné l'alarme de la pandémie aviaire, on verra des Etats, et personne d'autre, mettre en oeuvre les recommandations, chacun sur son territoire, chacun selon ses capacités. Et on constatera de très grandes inégalités dans l'efficacité dont les uns et les autres feront preuve dans leur action respective. Cette efficacité ne se mesurera pas au nombre de compétences que l'on aura déléguées à des organes supranationaux, mais à l'effectivité de la souveraineté exercée sur le terrain.

On constatera que les Etats au service de communautés nationales cohésives, fondées sur une volonté de vivre ensemble forte et effective, fonctionneront beaucoup mieux que des agrégats politiques flous sans loyautés affirmées.

De sorte que rester maître chez soi n'a rien à voir avec la contemplation nostalgique d'un passé qui serait prétendument révolu, mais c'est au contraire l'impératif politique le plus actuel et le plus sûr et une partie essentielle de la réponse active au défi de la mondialisation.

Malheureusement, c'est un principe que l'on chercherait en vain dans le catalogue du programme de la législature 2007-2011, dont il convient de biffer ce que les membres du groupe UDC vous proposent d'y biffer.