Glauser-Zufferey Alice · Nationalrat · 2008-06-12
Glauser-Zufferey Alice · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2008-06-12
Wortprotokoll
Devant les événements survenus récemment, et qui en fait ne cessent de se répéter sur le plan mondial: spéculations, hausses des prix des produits alimentaires, rareté et prix élevés des énergies, il est urgent de se positionner et de corriger la ligne politique en matière agricole que veut prendre le Conseil fédéral. Elle risque de nous faire connaître - non seulement aux paysans, mais aussi aux consommateurs que nous sommes tous - de graves et difficiles moments en matière énergétique et alimentaire.
Par l'accord de libre-échange, que bien sûr je combats avec l'UDC, notre agriculture sera ouverte au marché européen et en même temps l'OFAG lui demandera de produire en appliquant des normes plus draconiennes que partout ailleurs, notamment en matière de protection de la nature, des animaux, sans parler du fait que les conditions climatiques sont souvent plus difficiles chez nous, ce qui augmente les charges d'exploitation.
D'après nos autorités, il sera toujours possible de livrer des produits de niche aux consommateurs européens et suisses plus aisés. Ce sera donc, selon elles, un avantage. Mais n'est-il pas plus judicieux de penser en priorité à nos concitoyens, du plus défavorisé au plus aisé, que nous sommes, comme le prévoit la Constitution, chargés de nourrir?
Actuellement, la production indigène permet de nourrir la population suisse un jour sur deux et, d'après l'Office fédéral pour l'approvisionnement économique du pays, nous avons des réserves pour six mois. Et après? Lorsque les vivres manqueront en Suisse, ils manqueront aussi ailleurs, et certainement plus dramatiquement encore. Je ne peux imaginer que notre argent puisse aggraver la situation des plus pauvres dans le monde en les privant de leurs denrées alimentaires.
Les producteurs suisses, déjà peu nombreux actuellement, le seront encore moins car, confrontés au marché européen et trop peu concurrentiels - non pas sur le plan de la qualité mais sur celui des prix -, ils n'existeront peut-être plus. Les mesures de soutien prévues n'étant en fait que des mesures pour atténuer le démantèlement, elles ne contribueront qu'à faire diminuer la population agricole.
Je demande au Conseil fédéral de ne pas négocier l'accord précité et, au contraire, de prévoir d'augmenter la production agricole en Suisse.