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Bonhôte Pierre · Ständerat · 2007-03-07

Bonhôte Pierre · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2007-03-07

Wortprotokoll

Derrière l'apparente complexité des chiffres dont nous traitons se cache en fait un choix très clair qui est celui de savoir si nous voulons participer à l'essor de l'énergie photovoltaïque en Suisse ou nous distinguer du reste de l'Europe en mettant cette énergie partiellement ou totalement hors jeu. Les plafonds de rétribution dont nous avons décidé l'introduction à Flims privent l'énergie photovoltaïque du soutien qui est accordé dans une pleine mesure à toutes les autres sources d'énergies renouvelables. A mon sens, il s'agit là d'une discrimination arbitraire qui est néfaste pour notre pays, tant du point de vue énergétique et du point de vue économique, que du point de vue du développement de la recherche. On se coupe par là d'un marché particulièrement porteur. La croissance du marché des cellules photovoltaïques est à peu près de 35 pour cent par an à l'échelle mondiale. Elle est encore plus importante en Europe. En 2006, ce sont quelque 2500 mégawatts qui ont été installés.

Tous les pays qui nous entourent et la majorité des pays européens rachètent l'électricité photovoltaïque au prix coûtant, c'est-à-dire entre 40 et 50 centimes d'euro par kilowattheure. Cela ne constitue, que je sache, nulle part un oreiller de paresse, puisque le prix de production continue à diminuer. Si les pays européens font cela, c'est parce qu'ils considèrent que ce qui est important, ce n'est pas seulement le prix actuel de production du courant photovoltaïque, mais le fait que la diminution du prix dépend d'économies d'échelle et que, pour les obtenir, il faut accorder un soutien financier initial à cette énergie.

Le potentiel de l'énergie photovoltaïque en Suisse, cela a été rappelé, est considérable. Elle pourrait couvrir au moins 20 pour cent de notre consommation d'électricité en utilisant uniquement les meilleures surfaces de toitures disponibles. Nous devons donc encourager son développement en favorisant la baisse de son prix, ce que permettent les économies d'échelle, et en acceptant le modeste investissement qui nous est proposé. C'est aussi le prix à payer pour reprendre notre position de leader dans un domaine où nous l'avons perdue ces dernières années.

Opposer, comme l'a fait notre collègue Epiney, l'énergie photovoltaïque à l'énergie solaire thermique n'est pas une bonne chose, dans la mesure où l'énergie photovoltaïque est un complément essentiel de l'énergie solaire thermique. Avec de l'énergie solaire thermique, vous ne pouvez ni faire tourner un moteur ni vous éclairer. La valeur de l'énergie thermique est bien inférieure à celle de l'électricité.

Je suis donc persuadé que nous devons suivre aujourd'hui le Conseil national et la minorité de notre commission qui proposent une solution intelligente, qui ne fixe pas des plafonds arbitraires de rétribution, mais des contingents en fonction des prix. Cela écarte le risque que l'énergie photovoltaïque à 70 centimes par kilowattheure draine l'entier de l'effort. Ces chiffres, c'est vrai, peuvent donner l'illusion que la solution du Conseil national consiste à accorder 15 millions de francs par an à l'énergie photovoltaïque, alors que notre solution consisterait à accorder 45 millions de francs, puisque les montants à disposition seraient plus importants. Dans la mesure où la barre est placée plus haut pour les 45 millions, il est à craindre que cette somme ne soit pas utilisée. Je préfère 15 millions utilisés à 45 millions non utilisés.

Le Conseil national a fait un pas dans notre direction en acceptant le contingentement. Je vous invite donc à vous rallier au compromis - qui me semble être acceptable pour tous - du Conseil national et à suivre la minorité de la commission.