Epiney Simon · Ständerat · 2007-03-07
Epiney Simon · Ständerat · Wallis · Christlichdemokratische Fraktion · 2007-03-07
Wortprotokoll
A entendre Monsieur Jenny, j'ai le sentiment que nous ne regardons pas le même film. J'aimerais dès lors commencer mon propos par trois remarques préliminaires.
D'abord, au niveau des prix, on estime aujourd'hui - ce sont des chiffres approximatifs - que le courant produit par une éolienne revient à 30 centimes par kilowattheure, celui produit en utilisant le biogaz coûte 40 centimes par kilowattheure, celui produit par une centrale à gaz soumise à la taxe sur le CO2 s'élève à 11 centimes par kilowattheure, celui produit par l'énergie solaire se monte à 80 centimes par kilowattheure, celui produit par l'énergie nucléaire revient à 5 à 6 centimes par kilowattheure, celui produit par une installation hydroélectrique actuelle coûte près de 5 centimes par kilowattheure.
Ensuite, il est utile de préciser que cette loi tend à favoriser l'utilisation de cellules photovoltaïques, c'est-à-dire de cellules qui produisent de l'électricité, et non pas de cellules thermiques qui sont destinées à produire de l'eau chaude. Il faut relever ici qu'en pratique, il est intéressant de poser des cellules thermiques parce que leur efficacité est de l'ordre de 70 pour cent, alors que les cellules photovoltaïques ont une efficacité de l'ordre de 15 pour cent. Monsieur Lombardi a fait au Tessin une excellente démonstration sur la base d'une expérience personnelle qu'il a réalisée.
Enfin, la majorité est favorable à l'énergie photovoltaïque. Nous sommes plutôt des ardents défenseurs de cette énergie et j'aimerais pouvoir vous en convaincre au moyen des explications suivantes. L'énergie photovoltaïque, qui fait l'objet d'une recherche de plus en plus efficace en Suisse, a un [PAGE 53] avenir. Nous sommes convaincus que son efficacité pourra être améliorée dans quelques années. Mais, pour ce faire, il faut que la politique joue un rôle d'aiguillon et qu'elle soutienne l'économie qui est efficace et non pas l'économie qui repose sur un oreiller de paresse.
Avec notre proposition, nous ne voulons pas renforcer des structures qui n'ont pas fait preuve de leur efficacité jusqu'à présent.
Je suis étonné d'entendre que la proposition de la majorité serait défavorable au solaire. C'est le contraire. Avec notre solution, nous mettons chaque année un montant de 45 millions de francs, contre 15 millions pour le Conseil national, à disposition de l'énergie solaire, c'est-à-dire que nous mettons à disposition trois fois le montant mis à disposition selon la proposition du Conseil national. La différence, c'est que nous, nous limitons notre soutien à cinq fois le prix de revient de l'énergie la moins chère pendant cinq ans, c'est-à-dire que concrètement nous limitons notre soutien à 40 centimes pendant cinq ans, à 32 centimes entre cinq et dix ans et à 24 centimes à partir de la onzième année, à ceux qui produisent de l'électricité à partir de l'énergie solaire.
Avec notre solution, tous les acteurs sont invités à participer à la promotion de l'énergie solaire, et pas seulement les politiques. Nous voulons que les consommateurs qui veulent se servir du courant vert - et il y a une clientèle pour cela - continuent à le faire. Avec 40 centimes, nous soutenons trois fois plus qu'aujourd'hui le courant vert. Nous invitons les sociétés de distribution à encourager également l'énergie solaire. Nous invitons les sociétés de production à investir dans l'énergie solaire puisqu'elles peuvent toucher 40 centimes d'aide de la part des pouvoirs publics. On pourra donc mélanger l'énergie solaire avec les autres énergies, ce qui permettra aux consommateurs de pouvoir choisir du courant solaire à des prix plus intéressants que ce n'est le cas aujourd'hui, quand bien même le système consistant à proposer du courant vert fonctionne déjà bien.
Avec sa solution, le Conseil national ne met donc à disposition que 15 millions de francs par an, puis 30 millions de francs, voire même un jour 60 millions de francs si le prix de l'énergie solaire passait de 80 centimes par kilowattheure à 40 centimes, et là on doit bien reconnaître que ce n'est pas demain la veille. La solution du Conseil national a le désavantage qu'avec 15 millions de francs elle couvre la totalité du prix de revient, ce qui veut dire que tout le monde toucherait 80 centimes par kilowattheure. On n'encourage donc guère l'amélioration de l'efficacité de l'énergie solaire du moment que la totalité du prix de revient est financée. Cela, c'est pervers parce que c'est un élément économique tellement évident. Si on paye la totalité du prix de revient, on ne va pas inciter les entreprises à pousser leurs recherches en matière d'énergie solaire et à améliorer vraiment une efficacité qui est aujourd'hui très faible dans le secteur photovoltaïque.
Dès lors, la décision du Conseil national privilégie à notre avis un oreiller de paresse, alors que la version de notre conseil incite tous les acteurs à investir dans l'énergie solaire. Les aides financières apportées seraient ainsi de trois fois supérieures à celles qui seraient versées selon la formulation du Conseil national.
C'est la raison pour laquelle je vous invite à en rester à notre concept, c'est-à-dire à maintenir la décision de notre conseil, qui représente une défense dynamique et non pas figée de l'énergie solaire.