Polla Barbara · Nationalrat · 2000-12-07
Polla Barbara · Nationalrat · Genf · Liberale Fraktion · 2000-12-07
Wortprotokoll
En tant que femmes, depuis que le concile de Trente nous a accordé une âme et la Suisse le droit de vote, nous pouvons désormais faire valoir nos opinions et nos droits en toute liberté et responsabilité individuelle, démocratique, sans tutelle et sans contrôle. Lorsque la question se pose d'une interruption de grossesse, que la femme puisse bénéficier de conseils, c'est une très bonne chose, si elle le souhaite et en exprime le besoin. D'ailleurs, ce conseil devrait encore être développé, et encore bien plus pour la prévention des grossesses non désirées que pour leur interruption. Mais de là à contraindre les femmes à [PAGE 1433] consulter dans un centre reconnu par l'Etat, il y a un pas que nous ne saurions franchir.
Aucune femme n'avorte de gaieté de coeur et, d'une façon ou d'une autre, elle met toujours elle-même ses propres critères éthiques, moraux et religieux dans la balance avant sa décision finale. La solution des délais, qu'il s'agisse en l'occurrence de 12 ou de 14 semaines, offre une voie vers la prise de responsabilité, une responsabilité qui, comme le disait déjà le grand libéral André Gautier, qui s'est beaucoup battu sur cette cause et qui vient de nous quitter, ne peut être assumée qu'au niveau individuel par la femme elle-même. La solution des délais met l'accent sur l'autodétermination. Le droit à disposer de son corps, le droit à l'avortement ne peuvent pas être subordonnés à une obligation de se soumettre à une consultation, même si cette dernière est souhaitable et si elle est à disposition.
Ich möchte mich jetzt ganz besonders an die Mitglieder der SVP-Fraktion richten und im Speziellen an diejenigen, welche die Mehrheit der Kommission noch nicht unterstützen. Ich war gestern ganz besonders glücklich zu sehen, wie Sie uns als Frauen in unserer vollkommenen Unabhängigkeit und Freiheit ganz klar politisch unterstützen und fördern. Es scheint mir einfach unmöglich, dass Sie uns zwingen würden, uns bei einem so intimen und ganz privaten Entschluss wie einem Schwangerschaftsabbruch durch eine vom Staat kontrollierte Instanz kontrollieren zu lassen. Wo besser als in unserer privaten Umgebung können wir entscheiden, was entschieden werden muss? Die Unabhängigkeit, die Autonomie, die Demokratie und die Familie, die Sie politisch unterstützen, dürfen auch in diesem Kontext keine obligatorische, vom Staat oder vom Bund organisierte Beschränkung erleiden.
Il en va de votre propre cohérence, de la cohérence de la liberté individuelle que vous défendez et qui ne saurait souffrir aucun compromis.
A la minorité, j'aimerais dire que, pour moi, qui ai le privilège et le bonheur d'avoir quatre enfants, quand il s'est agi, en raisons d'une erreur liée à une vaccination contre la rubéole, devant le risque non chiffrable d'avoir un enfant malformé, de prendre la décision d'une interruption de grossesse - décision douloureuse mais claire, longuement mûrie et discutée avec mon époux et mon médecin -, je n'aurais su souffrir de me voir contrainte à une consultation obligatoire dans un centre reconnu par l'Etat. Dans ce pays démocratique dont je suis fière et dans lequel nous sommes tous des individus libres d'accéder aux soins dont nous avons besoin, je n'aurais su souffrir de me voir - ni moi ni personne - contrainte à subir une consultation obligatoire. Une telle mise sous tutelle n'est simplement pas compatible avec nos valeurs démocratiques. Monsieur Cina, je reconnais que le groupe démocrate-chrétien a fait un grand pas, mais celui que vous nous demandez représente une vraie mise sous tutelle et en tant que citoyenne libre, je ne peux pas faire ce pas.
Par contre, le fait de déposer une demande écrite ne nous pose pas de problèmes. Il est vrai aussi qu'aujourd'hui, le consentement éclairé écrit se généralise. Mais pour ce qu'il en est des motifs, Monsieur Hess Walter, si une femme demande une interruption de grossesse, c'est parce qu'elle souhaite une interruption de grossesse. Le motif se trouve inclus dans la demande écrite en elle-même et les motifs plus détaillés ne regardent qu'elle.
Encore un mot sur la détresse. Ne nous obligez pas de nous présenter comme des victimes, ne nous obligez pas à mettre notre détresse en avant. Ce n'est pas digne ni pour les femmes, ni pour les hommes. Nul ne doit avoir besoin, dans ce pays, pour avoir recours à des soins, de devoir mettre en avance sa détresse. Les mots sont lourds de signification. Ce n'est pas en enlevant leur dignité aux femmes, en les victimisant, que nous réglerons le problème fondamental de l'équilibre entre le droit à l'autodétermination et le droit à la vie. Le projet de la majorité de la Commission des affaires juridiques du Conseil national est probablement aussi près d'un tel équilibre qu'une loi saurait l'être.
Mais dans la mesure où Mme Haering, elle-même promotrice de ce projet, propose de soutenir la version du Conseil des Etats en soulignant notamment que le mot "Notlage" pourrait être traduit autrement que par "détresse", nous adhérerons à sa proposition de façon à ce que ce projet, en fin de compte, aboutisse dès aujourd'hui.