Germanier Jean-René · Nationalrat · Wallis · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2008-03-19
Wortprotokoll
La conception étatique d'un service public qu'on a perpétué dans plusieurs sociétés de ce pays ne correspond plus à notre temps, ne correspond plus aux attentes du public qui ne doit pas payer plus pour le [PAGE 423] maintien idéologique d'un contrôle de l'Etat. Aussi bien à la poste, dans les télécommunications qu'aux CFF, nous retrouvons ce conflit d'intérêts avec une Confédération qui joue à la fois le rôle de législateur, de régulateur et d'opérateur du marché.
Le groupe radical-libéral ne souhaite pas à tout prix privatiser ces sociétés. Ce qu'il faut surtout, c'est que la concurrence puisse se développer au service du pays, des consommateurs et de leur pouvoir d'achat. Pour la Poste, pour le marché des télécommunications comme pour CFF Cargo et les CFF, le manque de transparence est institué en système dans le département. A la Poste, afin de bétonner un monopole qui coûte bientôt plusieurs centaines de millions de francs aux consommateurs et de démanteler le réseau dans les régions périphériques, on a annoncé pendant des années un déficit de 500 millions de francs qui s'avère, selon des études, ne pas vraiment exister aujourd'hui.
Pour CFF Cargo, le problème est identique. On ne sait ni si on gagne, ni si on perd: cela est inadmissible! Les deux tiers du déficit d'exploitation proviennent des pertes faites à l'étranger. Nous ne pourrons pas accepter que ces pertes, faites surtout en Allemagne, soient financées par l'argent des impôts. Cette situation ne permet pas de construire une stratégie gagnante pour cette société, nécessaire au pays et à son économie. Par cette gestion approximative, c'est le transfert de la route au rail qui est en danger. Et nous devons bien constater que l'objectif de réduction du nombre de passages de camions à travers les Alpes ne pourra pas être atteint dans les conditions actuelles de transport en Suisse.
CFF Cargo doit devenir un outil performant, capable de supporter la concurrence, capable de gagner des parts de marché rentables qui permettront le développement de l'emploi. CFF Cargo doit avoir un état d'esprit plus entrepreneurial, plus orienté vers le marché. La stratégie d'expansion à tout prix a montré ses limites et il est urgent de s'ouvrir à des alliances qui apporteront la compétence en logistique pour développer des partenariats PPP - partenariat public-privé -, pour réussir à proposer une prestation à la fois sur le rail et la route qui sont, on l'oublie trop souvent, complémentaires, et qui représentent une offre attractive orientée client.
Notre groupe, et spécialement mes collègues radicaux tessinois et fribourgeois - Jacques Bourgeois -, a de la compréhension pour les collaboratrices et les collaborateurs de CFF Cargo touchés par les restructurations. Il y a eu des promesses non tenues, générant de profondes incompréhensions. Au début de l'année 2007, la direction citait encore Bellinzone comme lieu de première importance dans le dispositif de l'entreprise. Des investissements ont été faits, et aujourd'hui, on annonce des mesures de restructuration!
Nous avons de la peine à comprendre que l'on agisse uniquement sur la maintenance et que cette action puisse réellement résoudre le problème global de rentabilité de CFF Cargo - je vous rappelle les chiffres: 190 millions de francs de déficit, dont 87 millions environ de déficit annuel. La maintenance ne représente que 20 pour cent des coûts. Qu'en est-il des économies sur l'exploitation, sur l'administration qui, conformément à ce que l'on constate dans une entreprise d'Etat, est très importante à Bâle? Nous n'avons pas vu s'ouvrir de nouvelles perspectives pour l'entreprise, se préparer un changement de stratégie, qui puissent nous faire croire que CFF Cargo sera sauvée par cette décision de fermetures qui touche plus fortement la partie latine du pays.
Il y a quelques années, une convention collective généreuse a été signée. Elle assure un filet social aux mailles fines. Elle n'a cependant pas pu éviter la dégradation de la paix sociale que l'on vit aujourd'hui. Car il ne s'agit pas seulement de garantir des emplois et d'offrir de bons salaires, mais il y a aussi la déception par rapport à la culture d'entreprise, qui joue un rôle. Cette grève ne doit pas durer, car elle est dévastatrice pour l'entreprise des CFF, que nous aimons tous, et pour son image, qui est aujourd'hui excellente auprès de notre population.
Tout n'est pas mauvais dans CFF Cargo, bien sûr. Avec une stratégie gagnante, CFF Cargo a des perspectives et pourra répondre aux besoins de notre pays.