AB 88545
Leuenberger Ueli · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2008-09-18
Wortprotokoll
Le groupe des Verts vous propose de soutenir le compromis qui est sorti ce matin des délibérations de la commission. Ce compromis permet l'aménagement de fumoirs; en contrepartie, on demande de renoncer à exiger des établissements fumeurs.
Nous soutenons ce compromis à contrecoeur. C'est un énorme pas en avant en direction de ceux qui veulent laisser l'entière liberté de fumer dans les établissements publics.
Pourquoi à contrecoeur? Parce que nous restons convaincus que les employés de ces établissements n'auront pas vraiment le libre choix de décider s'ils veulent ou non servir dans des fumoirs. La fragilité au niveau du statut de beaucoup d'employés de la restauration est responsable de cet état de fait. J'ai moi-même travaillé plusieurs années comme employé en bas de l'échelle dans l'hôtellerie-restauration; j'ai été secrétaire syndical pendant six ans dans ce secteur, je sais donc de quoi je parle.
Malgré tout, nous proposons de soutenir ce compromis, bien que nous sachions que la fumée continue à tuer. C'est l'un des seuls produits librement vendus dans notre pays sur lequel est inscrit: "Rauchen ist tödlich. Fumer tue. Il fumo uccide." Et vous pouvez lire aussi sur le dos du paquet quelle influence le fait de fumer a sur certains aspects de la santé. Malgré cela, nous faisons aujourd'hui ce compromis.
Monsieur Borer a présenté sa proposition de minorité au sujet de la surface accessible au public égale ou inférieure à 100 mètres carrés et il a parlé des pays chauds qui seraient les seuls où l'on pourrait fumer dehors. Monsieur Borer, si vous êtes allé au Salon de l'automobile à Genève, vous avez peut-être déjà senti la bise noire; cette dernière est [PAGE 1172] extrêmement froide. Mais malgré cela, les Genevois ont décidé, presque à 80 pour cent, d'interdire la fumée dans les établissements publics. Par ailleurs, j'ai encore une petite anecdote: à Genève, il n'y a presque pas de réclamation; les gens sont contents; les seules réclamations qu'il y a, c'est que dans les discothèques, cela sent désormais trop fortement la transpiration, parce que, avant, la fumée couvrait ces odeurs!
La fumée continue de tuer, elle continue de rendre malade, elle continue de coûter cher à notre société. Ici, nous avons choisi un compromis, on a fait un pas en avant. S'il vous plaît, faites l'autre pas et adoptez l'ensemble des décisions de la majorité de la commission.