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Lumengo Ricardo · Nationalrat · Bern · Sozialdemokratische Fraktion · 2008-09-24

Wortprotokoll

La nécessité de cet objet par rapport à la mise en oeuvre des accords de Schengen est incontestable. La libre circulation des personnes découlant de ces accords a besoin de telles mesures d'accompagnement pour être menée à bien.

En renforçant la coopération avec les Etats de l'Union européenne en matière de surveillance des frontières, Frontex est considérée à juste titre comme l'un des meilleurs instruments de lutte contre la migration clandestine. C'est la raison pour laquelle le groupe socialiste est favorable à l'entrée en matière sur cet objet.

Néanmoins, de sérieux doutes subsistent, notamment quant au respect de la dignité et des droits fondamentaux des personnes touchées, surtout lorsque les gardes-frontière doivent agir dans des zones extraterritoriales. L'Accord Frontex ne nous fournit aucune garantie à ce sujet.

Par ailleurs, je ne veux pas revenir sur ce qui a été dit, mais je voudrais tout de même souligner qu'on constate que l'Europe, en l'occurrence la Suisse, se renferme et érige des murailles devant ses portes pour se protéger contre les émigrants clandestins, spécialement contre ceux venant d'Afrique, car ces personnes sont considérées comme dangereuses et menaçantes pour notre sécurité et pour notre économie. Mais en revanche, les Européens qui se rendent en Afrique pour chercher de l'or, du pétrole, du café, ou pour vendre des armes sont considérés, eux, comme des sauveurs et des seigneurs. Ou encore, quand les dictateurs corrompus envoient des fonds en Suisse, on ne songe pas à leur opposer de véritables barrières. Nous avons même souvent de la peine à détecter dans quels cas il s'agit d'argent sale ou non.

Ce sont donc ces mêmes dictateurs et ces mêmes gouvernements qui sont en partie à l'origine du départ et de la misère de ces personnes contre lesquels Frontex est érigée. On doit dès lors faire face au défi international de l'émigration, comme cela a été dit, de l'émigration clandestine, en s'attaquant plutôt à ses réelles et profondes causes, et l'un [PAGE 1313] des moyens est nécessairement la coopération au développement.

Comment peut-on y arriver si nous refusons par exemple l'entraide judicaire avec les Etats d'où proviennent la plupart des émigrés considérés comme indésirables, ou si nous nous obstinons à tout moment à décliner toute responsabilité d'élargir les accords bilatéraux entre la Suisse et l'Union européenne concernant la fiscalité de l'épargne à d'autres Etats tiers d'où proviennent ces personnes?

Ainsi, au vu de ce motif, Frontex peut tout de même être considérée comme un mal nécessaire et pour lequel néanmoins je vous demande, au nom du groupe socialiste, d'entrer en matière.