Zisyadis Josef · Nationalrat · Waadt · Fraktionslos · 2000-12-12
Wortprotokoll
A entendre l'ensemble des partis de droite et la prise de position du Conseil fédéral, je me suis demandé s'ils n'avaient pas décidé d'enfouir leur tête dans un sac. Oser dire, comme le Gouvernement, que la réduction des primes commence à bien remplir la tâche! Depuis le temps que vous répétez la même rengaine, ce n'est plus de la méthode Coué ou de la langue de bois! Il ne reste, aux assurés-maladie que nous sommes tous, et surtout aux plus défavorisés, notamment les Romands, qu'à pleurer devant tant d'autosatisfaction tellement éloignée de la réalité! Le Conseil fédéral et les partis de droite ne veulent pas voir les problèmes et continuent d'être persuadés que des corrections ponctuelles du système peuvent combler les lacunes, des lacunes qui sont évidentes pour tout le monde.
Eh bien, nous vous disons non! Madame la Conseillère fédérale, cela fait cinq ans que la population modeste de ce pays souffre; cela fait cinq ans que la spirale des primes prend à la gorge une population qui voit des inégalités de traitement scandaleuses se perpétuer. Comment voulez-vous consacrer 15 pour cent de votre revenu à l'assurance-maladie, alors que vous payez déjà des franchises et que vous payez des impôts qui vont aussi à la santé? Oser dire que les objectifs de la LAMal, cette satanée LAMal, introduite comme pis-aller face à l'initiative socialiste en 1994, oser dire que les objectifs de la LAMal, comme le renforcement de la solidarité, la garantie d'un accès pour tous à des soins de qualité, sont en bonne voie d'être atteints! Je me dis que la population est en train de vivre une gigantesque farce. Et je ne peux m'empêcher de penser à mon canton de Vaud qui, après avoir pris l'engagement de dépenser la totalité des subventions fédérales, se retrouve cette année, en l'an 2000, avec un boni de 21 millions de francs; et au lieu de le consacrer aux plus défavorisés, eh bien, il va vous le rendre, Madame Dreifuss, le rendre à la Berne fédérale pour faire des économies et travestir le mandat de la LAMal qui était de venir en aide aux plus défavorisés.
Voilà des disparités cantonales tout à fait inadmissibles qui ne sont pas seulement le fait du canton de Vaud, mais de bien d'autres cantons en Suisse. Madame Dreifuss, le système est devenu fou! L'aveuglement qui consiste à ne pas changer de système est une preuve que la justice et la solidarité pèsent de moins en moins dans ce pays.
Le Parti suisse du travail/POP reste favorable au principe d'une assurance-maladie en fonction du revenu. Nous étions parmi les rares partis de ce pays, en 1995, à nous opposer à cette LAMal et en même temps à soutenir uniquement l'initiative socialiste qui visait à des primes selon le revenu.
Par contre, cette initiative populaire "la santé à un prix abordable" du Parti socialiste suisse est toute différente. Le Parti socialiste suisse a décidé de mettre de l'eau dans son vin et de proposer un financement mixte comprenant la TVA. Le Parti suisse du travail/POP ne pourra pas apporter son soutien à un texte hybride, qui reprend d'une main antisociale ce qu'il veut accorder d'une autre. Au bout du compte, en voulant privilégier les classes moyennes et surtout les classes moyennes supérieures, on perd de vue les classes populaires les plus modestes de ce pays.
Oui, il est possible de mettre fin au scandale des primes par tête, et les calculs montrent qu'il tout à fait possible d'avoir une ponction de 3 pour cent à charge du salarié et à charge de l'employeur. Cela suffirait pour couvrir tous les frais en matière de santé. C'est à notre avis la seule solution juste, équitable et sociale. Pour notre part, nous ne mettrons pas le doigt dans cet engrenage d'une assurance-maladie financée par le biais de la TVA, qui est pour nous une taxe antisociale par excellence.
Vous voyez qu'il y a encore une gauche dans ce pays qui refuse d'évoluer, je pense notamment à ce que disait M. Beck.