Lexipedia

Couchepin Pascal · Bundesrat · Wallis · 2008-09-16

Wortprotokoll

Nous sommes d'accord avec la proposition de la majorité, c'est-à-dire de supprimer la notion de "bonne réputation". Nous ne dirons peut-être pas que le Conseil fédéral a été paresseux dans son projet, mais enfin, il est vrai qu'il a repris les termes habituels. Toutefois, les temps changent et les événements de ces dernières semaines montrent précisément qu'il faut faire attention avec cette notion de "bonne réputation". Nous prétendons que la garantie d'une activité irréprochable inclut une bonne réputation nécessaire à l'exercice de cette activité, mais pas plus.

Qu'est-ce que la bonne réputation? Monsieur Schweiger l'a dit, en Suisse nous avons une vision très large de la bonne réputation: il ne faut pas avoir fait faillite, par exemple, et toute une série d'autres critères qui ne correspondent plus tout à fait aux moeurs. Pour être tout à fait clair et en finir avec ce sujet, quand j'ai lu, ces derniers temps, qu'un officier supérieur doit être une référence morale, j'ai repensé aux officiers supérieurs pour lesquels j'avais beaucoup de respect. Certains étaient des personnes pour lesquelles j'avais beaucoup d'estime du point de vue moral, mais je n'aurais pas voulu partir à la guerre avec eux. Quant à d'autres, je n'avais aucune estime pour leurs qualités morales, mais je les aurais suivis à la guerre avec moins de crainte que si j'avais dû y partir avec d'autres.

Finalement, on demande à un officier qu'il ait une activité irréprochable - en d'autres termes qu'il ne soit pas susceptible de créer des risques de sécurité pouvant le mettre en difficulté à un certain moment. On demande à un expert qu'il ait une activité irréprochable dans le cadre de l'exercice de son métier.

Dans ce pays, Madame Egerszegi-Obrist, on est un peu perverti par l'esprit de milice. On veut des colonels amateurs et on veut des saints amateurs. C'est l'esprit de milice dans tous les sens. "Il faut que ce soit un brave homme", dit-on, "il faut que ce soit un saint homme", et ensuite on le nomme expert. Finalement, on ne sait pas très bien s'il est compétent, mais il a tellement de qualités humaines qu'on juge qu'il ferait un bon expert. Non, il nous faut un bon expert, qui mène peut-être une vie dissolue et pâtit d'une mauvaise réputation - c'est le choix de chacun -, mais on veut un expert qui soit irréprochable du point de vue de son activité professionnelle. Lentement, il faut sortir de ce moralisme qui est souvent une forme d'hypocrisie.

Madame Egerszegi-Obrist, avançons, abandonnons cette notion de bonne réputation et tenons-nous-en à la garantie d'une activité irréprochable, parce que cela implique aussi un certain nombre de qualités éthiques, quoique liées à la profession.